Achat immobilier : le guide complet
Publié le 9 octobre 2026 · 18 min de lecture

Un achat immobilier suppose de définir d’abord son budget et sa capacité d’emprunt, de choisir entre maison, appartement, neuf ou ancien, et entre résidence principale ou investissement locatif, puis de suivre les étapes allant de l’offre au compromis et à l’acte authentique. C’est important car chaque choix influence les frais, les charges, la fiscalité et le calendrier, et parce que les diagnostics et conditions suspensives sécurisent l’opération.
- Les différents types d’achat immobilier
- Les étapes clés du processus d’achat
- Le financement de votre achat immobilier
- Les coûts et frais à prévoir
- Les critères essentiels de sélection
- Les risques et points de vigilance
- Le poids de l’endettement et la règle des 35 %
- Des vices qui coûtent cher
- La copropriété, un risque collectif
- Des risques environnementaux croissants
- Un marché qui n’est pas une ligne droite
- Attention aux arnaques
- Cadre légal et réglementaire
Les différents types d’achat immobilier
La maison individuelle : espace et charges à anticiper
L’achat d’une maison individuelle séduit par son indépendance, son espace extérieur et l’absence de voisins mitoyens. Mais ce choix implique de gérer le terrain : entretien des espaces verts, réfection de la toiture, ravalement de façade ou remplacement de la chaudière. Comptez en moyenne 1 à 2 % de la valeur du bien par an en entretien courant. Pour une maison à 300 000 €, prévoyez donc 3 000 à 6 000 € annuels. La taxe foncière reste intégralement à votre charge, soit souvent l’équivalent d’un à trois mois de loyer selon la commune.
L’appartement en copropriété : moins d’entretien, plus de charges partagées
Plus simple à entretenir, l’appartement en copropriété implique en revanche des charges collectives : syndic, chauffage collectif, ascenseur, ravalement. Elles varient de 0,50 à 3 € par m² et par mois. Un 60 m² peut donc représenter 600 à 1 800 € par an, hors charges récupérables sur le locataire si vous louez. Vous participez aussi aux travaux votés en assemblée générale. Avant tout achat immobilier, demandez les trois derniers procès-verbaux d’AG et l’état daté : ils révèlent les travaux à venir.
Neuf ou ancien : des écarts budgétaires majeurs
Le neuf (VEFA) bénéficie de frais de notaire réduits (2 à 3 % contre 7 à 8 % dans l’ancien), de la garantie décennale, de normes thermiques récentes (RE2020) et peut ouvrir droit au prêt à taux zéro (PTZ) dans les zones tendues. En contrepartie, le prix au m² est souvent 10 à 20 % plus élevé et les délais de livraison atteignent fréquemment 18 à 24 mois. L’ancien offre un prix négociable, un emplacement souvent plus central et un potentiel de travaux — utile pour créer de la valeur ou optimiser fiscalement en locatif. Mais prévoyez un budget rénovation et des frais de notaire plus lourds.
Résidence principale ou investissement locatif
- Résidence principale : vous y habitez. La plus-value est exonérée d’impôt à la revente (hors cas particuliers) et aucun revenu imposable n’est généré. C’est un achat patrimonial, pas un placement de rendement.
- Investissement locatif : les loyers sont imposables (revenus fonciers, CSG/CRDS de 17,2 % plus impôt selon votre tranche marginale, ou régime LMNP au réel en meublé). La plus-value est taxée (19 % + 17,2 % de prélèvements sociaux, avec abattements selon la durée de détention). En échange, le rendement brut peut atteindre 3 à 8 % selon le marché, et le déficit foncier permet de réduire votre base imposable.
Ces deux logiques ne s’opposent pas : beaucoup de propriétaires commencent par leur résidence principale, puis investissent dans le locatif une fois le capital constitué. Le choix dépend avant tout de votre horizon, de votre fiscalité et de votre capacité d’endettement.
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Les étapes clés du processus d’achat
Un achat immobilier se déroule en plusieurs étapes qu’il vaut mieux anticiper pour sécuriser son budget et éviter les mauvaises surprises. En voici le déroulé concret, de l’évaluation de votre capacité d’emprunt jusqu’à la signature définitive.
Définir son budget et sa capacité d’emprunt
Avant toute visite, calculez votre capacité d’emprunt. Les banques appliquent un taux d’endettement maximal de 35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise. Par exemple, pour 4 000 € de revenus mensuels et 800 € de charges déjà existantes, la mensualité maximale s’élève à 600 € (35 % de 4 000 = 1 400 €, moins 800 €). Ajoutez un apport personnel, généralement 10 % minimum du prix, qui couvre les frais de notaire et de garantie. Les frais de notaire représentent environ 7 à 8 % du prix dans l’ancien et 2 à 3 % dans le neuf. N’oubliez pas les frais de dossier bancaire (500 à 1 500 €), les frais de garantie et le coût de l’assurance emprunteur.
Recherche et visite de propriétés
Ciblez selon vos critères (localisation, surface, DPE). Vérifiez le prix au m² du marché local et l’historique de l’annonce. Lors de la visite, contrôlez l’état général, l’humidité, les travaux à prévoir, et demandez les charges de copropriété, le montant de la taxe foncière et les derniers procès verbaux d’assemblée générale.
Offre d’achat et négociation
Formulez une offre écrite, datée, avec un prix et une durée de validité. Elle peut être acceptée, refusée ou faire l’objet d’une contre-proposition. La négociation porte sur le prix, mais aussi sur la date de disponibilité, les équipements ou les travaux. Un accord verbal ne vous engage pas juridiquement.
Signature de l’avant-contrat (compromis)
Le compromis ou la promesse unilatérale fixe le prix, les conditions suspensives (obtention du prêt, absence de préemption, etc.) et le calendrier. Vous versez un dépôt de garantie, souvent 5 à 10 % du prix, séquestré chez le notaire. Vous disposez d’un délai de rétractation de 10 jours à compter de la réception du contrat. La condition suspensive de prêt est généralement prévue pour 30 à 45 jours.
Diagnostics et inspections obligatoires
Le vendeur doit fournir un dossier de diagnostic technique (DDT). Pour un achat immobilier, il comprend notamment :
- DPE (diagnostic de performance énergétique)
- Amiante (immeubles avant 1997)
- Plomb (avant 1949)
- Termites selon zones
- Électricité et gaz (installations de plus de 15 ans)
- ERP (état des risques et pollutions)
- Bruit (zones exposées)
Un audit énergétique est obligatoire pour les passoires thermiques (classes F et G) en maison individuelle depuis avril 2023.
Signature de l’acte authentique chez le notaire
L’acte définitif transfère la propriété. Comptez en moyenne 2 à 3 mois entre le compromis et la signature. Le notaire vérifie les titres, publie le prix, purge les hypothèques et vous remet les clés. Vous réglez le solde du prix, les frais de notaire et les éventuels frais de dossier.
Le financement de votre achat immobilier
L’apport personnel, socle de votre dossier
Aucun texte n’impose un apport, mais les banques financent rarement 100 % de l’opération. En pratique, comptez au minimum 10 % du prix d’achat, destinés d’abord à absorber les frais annexes : frais de notaire (environ 7 à 8 % dans l’ancien, 2 à 3 % dans le neuf), frais de garantie (caution ou hypothèque) et frais de dossier. Un apport de 20 % ou plus vous permet de négocier un meilleur taux et d’alléger le coût total. La banque vérifie systématiquement l’origine des fonds : une épargne régulière ou un don familial déclaré pèsent davantage qu’une somme apparue soudainement.
Crédit immobilier : taux, durée et taux d’endettement
Le taux d’intérêt est le premier levier du coût de votre achat immobilier. Après la vive remontée de 2022-2023, les barèmes se sont détendus : sur 20 ans, les meilleurs profils obtenaient fin 2024 des taux de l’ordre de 3,1 % à 3,5 %, contre 4,20 % et plus au point haut. Chaque dixième de point compte : sur 200 000 € empruntés sur 20 ans, passer de 3,5 % à 3,2 % économise environ 7 000 € d’intérêts.
Les règles du Haut Conseil de stabilité financière encadrent l’octroi :
- taux d’effort plafonné à 35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise ;
- durée maximale de 25 ans, sauf travaux ou différé particulier ;
- une marge de flexibilité de 20 % que la banque peut mobiliser.
Exemple : 4 500 € de revenus nets mensuels autorisent une mensualité d’environ 1 575 €, soit un capital d’environ 245 000 € sur 20 ans à 3,3 %.
PTZ et dispositifs d’aide
Le prêt à taux zéro (PTZ) cible les primo-accédants n’ayant pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des quatre dernières années. Prolongé jusqu’en 2027, il finance, selon la zone et le type de bien, de 20 % à 50 % de l’opération en zone tendue pour le neuf collectif, avec un remboursement différé sur 5 à 15 ans. Il est cumulable avec un prêt bancaire classique.
D’autres leviers méritent d’être vérifiés :
- le prêt d’accession sociale (PAS), à taux encadré, accessible sous plafonds de ressources ;
- le prêt Action Logement, jusqu’à 30 000 € selon la zone, pour les salariés du privé ;
- la TVA à 5,5 % et l’exonération temporaire de taxe foncière dans les quartiers ANRU ;
- les aides locales des collectivités, très variables d’un territoire à l’autre.
L’assurance emprunteur, obligatoire de fait
Le prêteur n’exige pas un contrat précis mais une garantie couvrant au minimum le décès et la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA). Deux options : le contrat groupe de la banque, ou la délégation d’assurance auprès d’un assureur externe, souvent 30 à 50 % moins chère à garanties équivalentes.
Le coût représente en moyenne 0,3 % à 0,6 % du capital initial par an : sur 200 000 € sur 20 ans, la facture peut dépasser 25 000 €. La loi Lemoine de 2022 vous autorise à changer d’assureur à tout moment, gratuitement, avec un délai de 10 jours. Depuis juin 2022, aucun questionnaire de santé n’est exigé pour les prêts de moins de 200 000 € remboursés avant vos 60 ans.
Point de vigilance : comparez les garanties réelles (délégation, franchises, exclusions, taux d’incapacité) et non le seul prix. Une économie de prime qui divise la couverture par deux n’est jamais une bonne affaire.
Les coûts et frais à prévoir
Des frais d’acquisition qui pèsent lourd dans le budget
Premier réflexe pour tout projet d’achat immobilier : ne pas raisonner uniquement sur le prix affiché. Entre le compromis et la remise des clés, une série de frais s’ajoutent, souvent sous-estimés par les primo-accédants. Pour un bien ancien à 250 000 €, comptez facilement 18 000 à 22 000 € de frais annexes. Voici le détail, poste par poste.
Les frais de notaire : 7 à 8 % dans l’ancien
Dans l’ancien, les « frais de notaire » représentent environ 7 à 8 % du prix de vente. Dans le neuf, ils tombent à 2 à 3 %, ce qui explique une partie de l’écart de prix affiché. Cette somme ne va pas intégralement au notaire :
- Droits de mutation (≈ 5,80 %) : reversés à l’État et au département.
- Émoluments du notaire (≈ 0,80 à 1 %) : tarifs réglementés par décret, dégressifs par tranches.
- Débours et contribution de sécurité immobilière (0,10 %) : frais administratifs.
Exemple : sur 250 000 €, la facture avoisine 19 000 €. Un point souvent négligé : ces frais doivent être provisionnés en plus de l’apport, et non financés par lui si l’on veut rester prudent.
Frais d’agence et diagnostics
Les frais d’agence immobilière varient de 3 à 8 % du prix selon les régions et les biens. Ils sont parfois inclus dans le prix affiché, parfois facturés en sus à l’acquéreur — à vérifier noir sur blanc dans le mandat. Négociables, surtout en marché tendu.
Les diagnostics obligatoires (DPE, amiante, plomb, électricité, gaz, termites, ERP) sont, sauf exception, à la charge du vendeur. Coût global : 200 à 800 €. En revanche, si vous souhaitez un diagnostic indépendant ou une expertise structurelle, prévoyez 500 à 1 000 € à votre charge — un investissement souvent rentable face à un vice caché.
Frais bancaires et garantie
Deux postes liés à votre crédit, à budgéter dès la simulation :
- Frais de dossier bancaire : généralement 500 à 1 500 €, parfois 1 % du montant emprunté. Négociables, surtout en cas de mise en concurrence.
- Frais de garantie : l’hypothèque conventionnelle coûte environ 2 % du capital emprunté (frais de constitution inclus), contre 1 à 1,15 % pour la caution mutuelle type Crédit Logement, avec une partie restituable en fin de prêt selon les conditions.
Sur un prêt de 200 000 € sur 20 ans, l’écart peut représenter plus de 1 500 € : comparez les deux options avec votre courtier.
Mutation, taxe foncière et prorata
La taxe de publicité foncière (incluse dans les droits de mutation) est déjà intégrée aux frais de notaire. En revanche, deux points méritent votre attention :
- La taxe foncière est due au prorata temporis : vous en réglez la part courant de la date d’acquisition au 31 décembre, même si l’avis arrive à votre nom en cours d’année suivante.
- Pour un bien mis en location, la taxe d’habitation reste due par l’occupant ; pour une résidence secondaire, elle vous incombe.
Enfin, prévoyez 1 à 2 % du prix en provision pour petits travaux, mobilier ou ajustements post-achat. Un budget d’acquisition sécurisé, c’est un projet qui ne dérape pas.
Les critères essentiels de sélection
Localisation : le critère qui ne se rattrape jamais
Un bien mal situé se revend mal, quel que soit le prix. Trois indicateurs suffisent à objectiver l’emplacement :
- Temps de trajet réel jusqu’à votre lieu de travail ou à un pôle d’emploi, porte à porte (marche incluse). Au-delà de 45 minutes, la décote est souvent de 5 à 15 % selon les marchés.
- Desserte en transports : une gare RER, un métro ou un tramway à moins de 10 minutes à pied constitue un repère de valeur. Un bus toutes les 30 minutes n’a pas le même effet.
- Services de proximité : commerces, médecin, école. Leur absence pèse surtout à la revente, davantage qu’à l’usage immédiat.
État général du bien et conformité
Un achat immobilier engage sur 15, 20 ou 25 ans : les défauts techniques se paient comptant. Le dossier de diagnostics techniques (DDT) est votre première lecture : DPE, amiante, plomb, électricité, gaz, termites, ERP. Un DPE F ou G implique des contraintes locatives croissantes et un budget travaux quasi certain.
Ordres de grandeur à garder en tête :
- Rafraîchissement (peintures, sols, sanitaires) : 200 à 500 €/m².
- Rénovation lourde (électricité, plomberie, menuiseries) : 800 à 1 500 €/m².
- Isolation thermique complète d’un logement : 15 000 à 40 000 € selon la surface et les aides mobilisées.
Vérifiez aussi les parties communes en copropriété : procès-verbaux des trois dernières assemblées générales, montant des charges, travaux votés (ravalement, toiture, ascenseur) et état de l’impayé collectif. Une quote-part de travaux votés se répercute mécaniquement sur votre budget.
Surface et configuration
La surface loi Carrez conditionne le prix affiché au m² en copropriété, et la loi Boutin en location. Un écart de 5 % entre surface annoncée et surface mesurée ouvre droit à une réduction du prix. Au-delà de la surface, scrutez la configuration : couloirs longs, pièces traversantes, chambres sous comble. Un T2 de 45 m² bien agencé se loue et se revend mieux qu’un T3 de 55 m² mal distribué.
Exposition et luminosité
Une orientation sud, sud-ouest reste la plus recherchée en France. Un séjour exposé nord perd souvent 3 à 8 % de valeur et se loue moins vite. Vérifiez la luminosité à l’heure de votre visite, mais aussi ce qui la menace : construction future en vis-à-vis, arbres mitoyens, vis-à-vis direct sur une pièce de vie.
Potentiel de plus-value
La plus-value ne se décrète pas, elle s’anticipe :
- Dynamique démographique de la commune et des bassins d’emploi.
- Projets structurants : nouvelle ligne de transport, extension d’un pôle universitaire, d’un hôpital.
- Tension du marché : un délai de vente moyen inférieur à 60 jours traduit un marché actif.
- Capacité à transformer : un bien avec un potentiel d’aménagement (combles, sous-sol, division) capte une part de la valeur créée.
Attention à l’inverse : une commune très dépendante d’un seul employeur ou en perte de population reste fragile.
Environnement et voisinage
Rendez-vous sur place à des heures différentes, en semaine et le week-end. Écoutez, regardez, questionnez. Points à contrôler :
- Nuisances : axe routier, voie ferrée, aéroport, activité industrielle ou nocturne.
- Cadre réglementaire : consultez le PLU en mairie pour connaître les zones constructibles et les servitudes.
- Qualité du voisinage immédiat : copropriété bien tenue, parties communes entretenues, syndic réactif.
- Risques : zone inondable, retrait-gonflement des argiles, radon. Ces éléments figurent dans l’état des risques et pèsent sur l’assurabilité et la revente.
Un dernier réflexe : comparez toujours le prix au m² demandé avec les transactions réellement enregistrées dans le quartier sur les 12 derniers mois. L’écart vous dira si vous achetez au prix du marché ou au prix de l’émotion.
Les risques et points de vigilance
Le poids de l’endettement et la règle des 35 %
Un achat immobilier engage souvent sur 20 à 25 ans. La règle de prudence retenue par les banques et le Haut Conseil de stabilité financière plafonne le taux d’effort à 35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise. Au-delà, chaque incident de vie — chômage, divorce, arrêt maladie — peut faire basculer un budget dans le surendettement.
Prenons un exemple : un couple avec 4 000 € net mensuel peut consacrer au maximum 1 400 € à sa mensualité. À 3,50 % sur 20 ans, cela correspond à un capital d’environ 240 000 €. Si le prêt dépasse cette capacité, la moindre hausse des charges de copropriété ou une taxe foncière en progression fragilise l’équilibre.
Trois points de vigilance concrets :
- Gardez une épargne de précaution équivalente à 3 à 6 mois de charges après l’apport.
- Vérifiez le taux d’endettement global, crédits auto et conso inclus.
- Anticipez la hausse des charges : copropriété, énergie, taxe foncière évoluent chaque année.
Des vices qui coûtent cher
Un vice caché — infiltration, charpente fragilisée, réseau électrique vétuste — peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le délai d’action est de 2 ans à compter de la découverte du vice (article 1648 du Code civil). Faites systématiquement appel à un diagnostiqueur indépendant et, pour l’ancien, à un artisan pour un contrôle visuel des points sensibles (toiture, humidité, réseaux).
La copropriété, un risque collectif
Avant de signer, exigez les procès-verbaux des 3 dernières assemblées générales, l’état des travaux votés et le carnet d’entretien. Un ravalement de façade ou la mise aux normes d’un ascenseur peut générer un appel de fonds de 5 000 à 15 000 € par lot. Vérifiez aussi l’existence d’un fonds de travaux obligatoire (minimum 5 % du budget prévisionnel depuis 2023) et l’état des impayés de charges.
Des risques environnementaux croissants
Consultez le rapport Géorisques et l’état des risques (ERP) annexé au compromis : zones inondables, sols argileux exposés au retrait-gonflement, proximité d’un site industriel. Depuis 2023, l’indice de risque argile est intégré aux diagnostics. Dans certaines communes, une zone inondable peut diviser la valeur d’un bien de 10 à 20 % et compliquer la revente.
Un marché qui n’est pas une ligne droite
Le marché immobilier connaît des cycles. En 2023-2024, les prix ont reculé de 5 à 10 % dans plusieurs métropoles après une hausse continue. Acheter suppose donc un horizon minimum de 7 à 10 ans pour amortir les frais d’acquisition (frais de notaire de 7 à 8 % dans l’ancien) et lisser une éventuelle baisse.
Attention aux arnaques
Les escroqueries à l’achat immobilier restent fréquentes : faux mandats, vendeurs non propriétaires, sociétés de « défiscalisation » douteuses, demandes de dépôt de garantie avant toute visite. Réflexes essentiels :
- Ne versez jamais de fonds avant le compromis signé chez le notaire.
- Vérifiez l’identité du vendeur via un acte de propriété récent.
- Exigez la carte professionnelle de l’agent (loi Hoguet).
- Méfiez-vous des rendements « garantis » supérieurs à 6 %.
Chaque risque se mesure et se documente. Un achat immobilier réussi repose autant sur la préparation juridique et financière que sur le coup de cœur.
Cadre légal et réglementaire
L’encadrement juridique de l’achat immobilier en France est dense, et c’est une bonne nouvelle : il organise la protection de l’acquéreur à chaque étape. Encore faut-il en connaître les ressorts pour ne pas signer à l’aveugle.
La loi Alur et la sécurisation de l’acquéreur
Adoptée en 2014, la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (Alur) a renforcé l’information due à l’acheteur. Elle encadre notamment la pratique des honoraires d’agence (affichage obligatoire, partage entre vendeur et acquéreur), la lutte contre l’habitat indigne, et l’encadrement des loyers dans certaines zones tendues. Depuis 2022, le dispositif « encadrement des loyers » s’applique à de nombreuses agglomérations comme Paris, Lille, Lyon ou Bordeaux. Autre apport majeur : l’obligation d’information sur les risques (état des risques et pollution, ERP) dans toute annonce et tout compromis.
Le DPE, désormais opposable
Depuis le 1er juillet 2021, le DPE est refondu et surtout opposable juridiquement : un acquéreur peut se retourner contre le diagnostiqueur ou le vendeur si l’étiquette énergétique s’avère fausse. Il classe le logement de A (≤ 70 kWh/m²/an d’énergie primaire) à G (> 420 kWh/m²/an EP). Attention au calendrier locatif : les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025, F à partir de 2028, E à partir de 2034. Cette donnée pèse désormais lourd dans le prix d’achat immobilier, surtout dans l’ancien.
Les diagnostics obligatoires : la liste à vérifier
Le dossier de diagnostic technique (DDT) annexé au compromis comprend :
- DPE et étiquette climat (GES)
- Amiante (immeubles permis avant juillet 1997)
- Plomb (permis avant 1949)
- Termites (zones classées)
- Électricité et gaz : installations de plus de 15 ans
- Assainissement non collectif
- État des risques et pollution (ERP)
- Bruit aux abords des aéroports
- Radon dans certaines communes
Un diagnostic manquant rend le vendeur ou l’agent responsable d’un défaut d’information.
Le droit de rétractation
Pas de rétractation après signature définitive chez le notaire. En revanche, après un compromis signé sous seing privé, vous disposez d’un délai de 10 jours calendaires (article L.271-1 du Code de la construction) pour vous rétracter, sans justification ni pénalité, par lettre recommandée avec AR. Ce délai court à compter du lendemain de la première présentation de la notification. Au-delà, vous êtes engagé, sauf conditions suspensives non levées (prêt refusé, par exemple).
La responsabilité du vendeur
Le vendeur est tenu à une obligation d’information précontractuelle (article 1112-1 du Code civil). Il doit garantir la conformité du bien et répond des vices cachés pendant 2 ans à compter de la découverte (article 1648). Il reste également débiteur de la garantie d’éviction : nul ne peut vendre ce qui ne lui appartient pas.
Le notaire, garant de la sécurité juridique
Officier public, le notaire authentifie l’acte, purge les hypothèques, vérifie la chaîne de propriété sur 30 ans et s’assure du paiement des droits (environ 5,80 % dans l’ancien, 0,72 % dans le neuf, plus émoluments). Ses honoraires sont fixés par décret. Il est tenu à un devoir de conseil et d’impartialité, et engage sa responsabilité en cas de manquement.
Prévoir ces vérifications en amont, c’est sécuriser votre achat immobilier bien avant la remise des clés.
En résumé
- Calculez votre capacité d’emprunt avec un taux d’endettement maximal de 35 % des revenus nets assurance emprunteur comprise, et prévoyez un apport d’au moins 10 % pour couvrir les frais de notaire et de garantie.
- Avant d’acheter en copropriété, demandez les trois derniers procès-verbaux d’assemblée générale et l’état daté pour identifier les charges et travaux à venir.
- Comparez le neuf et l’ancien selon les frais de notaire, le prix au m², les délais et la fiscalité, car ces écarts pèsent sur le budget et la revente.
Questions fréquentes
Quels sont les frais de notaire pour acheter un bien immobilier ?
Dans l’ancien, les frais de notaire représentent environ 7 à 8 % du prix, contre 2 à 3 % dans le neuf (VEFA). Il faut aussi prévoir les frais de dossier bancaire, de garantie et d’assurance emprunteur.
Quel taux d’endettement maximum pour obtenir un prêt immobilier ?
Les banques appliquent un taux d’endettement maximal de 35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise. Pour 4 000 € de revenus mensuels et 800 € de charges existantes, la mensualité maximale s’élève à 600 €.
Quelles sont les étapes d’un achat immobilier ?
L’achat immobilier suit plusieurs étapes : définition du budget et de la capacité d’emprunt, recherche et visite, offre d’achat, signature de l’avant-contrat, diagnostics, puis acte authentique chez le notaire. Comptez en moyenne 2 à 3 mois entre le compromis et la signature définitive.
Quels diagnostics sont obligatoires pour acheter un logement ?
Le vendeur doit fournir un dossier de diagnostic technique (DDT) comprenant notamment le DPE, l’amiante, le plomb, les termites, l’électricité, le gaz, l’ERP et le bruit selon les cas. Un audit énergétique est obligatoire pour les passoires thermiques (classes F et G) en maison individuelle depuis avril 2023.
Quel est le délai de rétractation après un compromis de vente ?
Vous disposez d’un délai de rétractation de 10 jours à compter de la réception du contrat de compromis ou de promesse unilatérale. La condition suspensive de prêt est généralement prévue pour 30 à 45 jours.