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Assurance-vie : le guide complet

Claire Fontaine
Claire Fontaine, Conseillère en gestion de patrimoine (CGP)
Publié le 9 octobre 2026 · 18 min de lecture
Assurance-vie : le guide complet
L'essentiel

L’assurance-vie est une enveloppe d’épargne de long terme régie par le Code des assurances, dans laquelle vous logez des supports variés comme le fonds en euros et les unités de compte, et non un simple contrat décès. C’est important car elle n’a pas de plafond de versement, offre une fiscalité avantageuse après 8 ans et permet une transmission privilégiée jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans.

Qu’est-ce qu’une assurance-vie ?

Une enveloppe d’épargne, pas un simple contrat décès

Malgré son nom, l’assurance-vie n’est pas d’abord une assurance contre le décès. C’est une enveloppe d’épargne de long terme, régie par le Code des assurances, dans laquelle vous logez des supports d’investissement variés. Le décès du souscripteur déclenche la transmission du capital aux bénéficiaires désignés, mais la vie du contrat consiste surtout à faire fructifier votre épargne.

Concrètement, vous versez des primes — libres (à votre rythme) ou programmées (mensuelles, trimestrielles) — sur un contrat ouvert auprès d’un assureur. Ces versements alimentent deux grandes familles de supports :

  • le fonds en euros, à capital garanti par l’assureur, qui offre un rendement modeste mais sécurisé (rendements 2024 autour de 2,5 % en moyenne net de frais de gestion, avant prélèvements sociaux) ;
  • les unités de compte (UC) : fonds actions, obligations, immobilier, ETF… dont la valeur fluctue à la hausse comme à la baisse.

L’arbitrage entre ces supports vous appartient, dans la limite des choix proposés par le contrat.

Ce qui la distingue des autres placements

Trois différences structurantes avec un livret ou un PEA :

  • Pas de plafond de versement (contrairement au Livret A, plafonné à 22 950 €, ou au PEA, à 150 000 €). Vous pouvez y loger plusieurs centaines de milliers d’euros.
  • Une fiscalité avantageuse après 8 ans : seuls les gains sont imposés, et un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) s’applique sur les rachats.
  • Une transmission privilégiée : jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire exonérés de droits de succession pour les versements effectués avant 70 ans.

À l’inverse, l’argent y est moins liquide qu’un livret : un rachat partiel peut prendre de quelques jours à quelques semaines, et le fonds en euros comporte parfois des contraintes de sortie.

Qui est derrière votre contrat ?

Deux acteurs se partagent la chaîne :

  • L’assureur, qui porte le risque et gère les supports (Generali, AXA, BNP Paribas Cardif, Spirica, etc.).
  • Le distributeur, qui commercialise et conseille : banque, courtier en ligne, conseiller en gestion de patrimoine indépendant, agent général.

Un même contrat peut être distribué par plusieurs canaux, avec des frais très différents. Le statut de Conseiller en Investissements Financiers (CIF), enregistré à l’ORIAS, encadre l’activité de conseil : c’est le mien.

Durée : pas de minimum légal, un horizon de 8 ans en pratique

Aucune durée minimale n’est imposée : vous pouvez racheter votre contrat à tout moment. Mais la fiscalité change la donne :

  • Avant 8 ans : les gains rachetés sont taxés au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 %, auquel s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux.
  • Après 8 ans : le taux du PFU tombe à 7,4 % pour les primes inférieures à 150 000 € (au-delà, retour à 12,8 %), plus 17,2 % de prélèvements sociaux.

D’où la règle empirique : on n’ouvre pas une assurance-vie pour un projet à 2 ou 3 ans, mais pour un horizon de 8 ans et plus. Le contrat peut ensuite se conserver à vie et jouer pleinement son rôle dans la transmission.

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Types de contrats d’assurance-vie

Avant de comparer les rendements ou la fiscalité, une étape est indispensable : comprendre sur quoi votre argent est réellement investi. Derrière l’appellation unique d’assurance-vie se cachent en effet plusieurs familles de contrats, dont le profil de risque, la liquéfaction et la rentabilité attendue n’ont rien à voir.

Le fonds en euros : un capital garanti, un rendement modéré

Le contrat monosupport investit l’intégralité de votre épargne sur le fonds en euros de l’assureur.

  • Garantie : le capital investi est garanti, net de frais de gestion, mais brut de prélèvements sociaux (17,2 %) et de fiscalité.
  • Rendement : le taux minimum garanti (TMG) est aujourd’hui souvent compris entre 0 et 0,50 %, complété par la participation aux bénéfices. Le taux moyen servi s’est établi autour de 2,5 % net de frais de gestion en 2023 et 2024, contre plus de 4 % il y a quinze ans.
  • Mécanisme : l’assureur constitue une provision pour participation aux bénéfices (PPB) qu’il peut étaler sur 8 ans maximum, ce qui lisse les taux dans le temps.
  • Frais : environ 0,60 % par an sur le fonds euros.
  • Exemple : 10 000 € placés à 2,50 % rapportent 250 € brut, soit environ 207 € après prélèvements sociaux.
  • Horizon : dès 3 à 5 ans, l’épargne restant disponible à tout moment (rachat partiel traité en quelques jours à quelques semaines).

Les unités de compte : viser la performance, accepter le risque

Ici, aucune garantie en capital : la valeur du contrat suit celle des supports choisis (fonds actions, obligataires, ETF, SCPI, produits structurés, private equity).

  • Une baisse de 30 % de vos UC se traduit mécaniquement par une perte de 30 % sur cette poche : sur 10 000 € investis, il ne reste que 7 000 €.
  • Les frais de gestion des UC avoisinent 0,85 % par an, auxquels s’ajoutent les frais propres aux supports (jusqu’à 2 % pour certains fonds actifs).
  • En contrepartie, l’espérance de rendement est plus élevée : les actions mondiales ont délivré historiquement de l’ordre de 7 à 8 % par an sur longue période, avec une volatilité forte.
  • Horizon recommandé : 8 ans minimum, idéalement 10 ans et plus.

Les contrats multi-supports : la combinaison la plus répandue

La quasi-totalité des contrats ouverts aujourd’hui sont multisupports : fonds euros et UC, avec une répartition que vous pilotez.

  • Une allocation classique pour un profil équilibré : 60 % fonds euros / 40 % UC, ajustée selon l’horizon.
  • Les arbitrages entre supports sont généralement gratuits (hors éventuels frais contractuels) et permettent de sécuriser les plus-values.
  • Depuis 2021, un assureur peut imposer une part minimale en UC (souvent 30 %) sur les versements si le rendement du fonds euros est faible : vérifiez cette clause avant de souscrire.

L’assurance-vie à capital variable

Cette catégorie désigne les contrats dont le capital n’est pas fixé contractuellement, mais exprimé en unités de compte ou en parts : la prestation varie selon la valeur d’un actif de référence. Elle se distingue du « capital fixe », où une somme est garantie dès la signature.

  • Elle englobe des supports peu liquides : parts de SCPI ou de SCI, private equity, avec des durées de blocage de 8 à 10 ans et des frais d’entrée pouvant atteindre 10 %.
  • La valorisation est parfois trimestrielle ou annuelle, ce qui complique la sortie rapide.
  • À réserver aux épargnants acceptant une liquidité réduite en échange d’un rendement potentiel supérieur.

Le choix entre ces familles dépend donc moins du contrat que de votre horizon, de votre tolérance au risque et de la part de capital que vous acceptez de ne pas garantir.

Avantages fiscaux de l’assurance-vie

Une capitalisation à l’abri de l’impôt sur le revenu

L’assurance-vie est d’abord une enveloppe fiscale. Tant que vous n’effectuez pas de rachat, les intérêts et plus-values ne subissent pas l’impôt sur le revenu. La nuance est importante : sur le fonds en euros, les prélèvements sociaux de 17,2 % sont prélevés chaque année sur les intérêts inscrits en compte. Sur les unités de compte, aucune imposition n’intervient avant un rachat ou le décès. Vous bénéficiez donc d’un effet de capitalisation : les gains non retirés produisent eux-mêmes des gains, ce qui n’est pas le cas d’un livret fiscalisé annuellement.

Rachats : seuls les gains sont taxés

Lors d’un rachat partiel, l’administration ne taxe pas le capital versé, mais la quote-part de plus-value comprise dans le retrait. Exemple : contrat de 100 000 €, dont 80 000 € de primes et 20 000 € de gains. Vous retirez 10 000 €. La part imposable est de 2 000 € (10 000 × 20 000 / 100 000). La fiscalité dépend ensuite de l’âge du contrat :

  • Moins de 8 ans : 12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 %.
  • À partir de 8 ans : 7,5 % + 17,2 %, soit 24,7 %, pour les primes n’excédant pas 150 000 €. Un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) s’applique sur l’IR. Au-delà de 150 000 € de primes, le taux d’IR remonte à 12,8 % sur la fraction excédentaire. L’option pour le barème progressif reste possible. Le délai de 8 ans court à partir de l’ouverture du contrat, pas de chaque versement. Les prélèvements sociaux restent dus même si l’IR est nul.

Transmission : un régime spécifique

En cas de décès, le capital versé aux bénéficiaires ne suit pas le régime classique des droits de succession. Il est taxé selon l’âge de l’assuré au moment des versements :

  • Versements avant 70 ans : 152 500 € exonérés par bénéficiaire. Au-delà, taxation forfaitaire de 20 % jusqu’à 700 000 €, puis 31,25 % (par bénéficiaire).
  • Versements après 70 ans : abattement global de 30 500 € sur les primes, tous bénéficiaires confondus. Les gains sont exonérés. Au-delà, les primes rejoignent la succession et supportent les droits selon le lien de parenté. Le conjoint ou le partenaire de PACS bénéficie d’une exonération de droits de succession. Attention : les primes manifestement exagérées au regard des capacités de l’assuré peuvent être requalifiées.

Clause bénéficiaire : l’atout patrimonial

La clause bénéficiaire permet de désigner librement qui recevra le capital : conjoint, enfants, concubin, association, etc. Elle peut être acceptée (donc irrévocable), à option ou démembrée. Bien rédigée, elle protège le survivant, organise la transmission hors part successorale et évite les délais de succession. Pensez à l’actualiser après mariage, divorce, naissance ou changement de situation familiale. C’est l’un des principaux avantages de l’assurance-vie, mais il dépend d’une clause précise et d’un contrat adapté.

Rendements et performances

Le rendement des fonds euros : une base sécurisée mais modeste

Le fonds en euros constitue le support « sans risque » de l’assurance-vie : votre capital est garanti par l’assureur, avec un effet cliquet qui verrouille les intérêts chaque année. En contrepartie, son rendement reste mesuré. Après plusieurs années de baisse, la moyenne des fonds euros s’est redressée : autour de 2,50 % à 2,60 % brut en 2023 et 2024, contre à peine 1,00 % à 1,30 % en 2021. Attention, ces taux sont bruts de frais de gestion et de prélèvements sociaux (17,2 %).

Un exemple concret : 10 000 € placés à 2,5 % brut rapportent environ 250 €. Déduction faite des frais de gestion (0,6 % en moyenne) puis des prélèvements sociaux, le gain net se rapproche de 150 €, soit un rendement net d’environ 1,5 %. Ne confondez donc jamais taux affiché et rendement réellement encaissé.

Unités de compte : un potentiel supérieur, un risque réel

Les unités de compte (UC) — fonds actions, obligations, immobilier, fonds diversifiés — n’offrent aucune garantie en capital. Leur performance dépend des marchés et de la qualité de la gestion.

  • Sur longue période, un portefeuille diversifié en actions peut viser 5 % à 7 % par an en moyenne, mais avec des années à -15 % ou +20 %.
  • En 2022, de nombreux fonds actions ont reculé de 10 % à 20 %, tandis que 2023 et 2024 ont été nettement plus favorables.

L’horizon est décisif : une UC s’envisage sur 8 ans minimum, l’idéal étant 10 à 15 ans pour amortir la volatilité. Une bonne pratique consiste à arbitrer progressivement vers le fonds euros à l’approche de l’objectif (retraite, achat), pour sécuriser les gains acquis.

Frais : l’ennemi silencieux de la performance

Les frais pèsent directement sur votre rendement net, et leur effet cumulé sur 15 ans est considérable.

  • Frais d’entrée : de 0 % (contrats en ligne, souvent négociés) à 3-4 % en banque traditionnelle. Sur 10 000 € versés, 3 % représentent 300 € prélevés d’emblée.
  • Frais de gestion annuels : environ 0,6 % sur le fonds euros, 0,6 % à 1,2 % sur les UC, auxquels s’ajoutent ceux des supports eux-mêmes (0,2 % à 2 % pour certains fonds).
  • Frais d’arbitrage : souvent gratuits en ligne, facturés ailleurs (0,5 % à 1 %).

Un contrat affichant 2 % de frais annuels totaux contre 1 % coûte, sur 100 000 € et 20 ans, plusieurs dizaines de milliers d’euros de performance en moins.

Comparer les contrats : au-delà du taux affiché

Tous les contrats d’assurance-vie ne se valent pas. Trois profils se dégagent :

  • Contrats bancaires classiques : fonds euros moyen, frais d’entrée fréquents, offre UC limitée. Simples mais souvent coûteux.
  • Contrats en ligne / néo-assureurs : frais d’entrée nuls, gestion réduite (0,5 % à 0,7 %), large choix d’UC et de gestion pilotée.
  • Contrats haut de gamme (gestion privée) : accès à des fonds exclusifs, accompagnement personnalisé, mais frais plus élevés justifiés seulement au-delà d’un certain encours.

Pour arbitrer, comparez toujours les performances nettes de frais sur 3, 5 et 8 ans, pas seulement le taux du fonds euros mis en avant dans la publicité. Un contrat affichant 2,7 % sur son fonds euros mais 1,5 % de frais totaux fera moins bien qu’un contrat à 2,4 % avec 0,8 % de frais, une fois l’ensemble de votre allocation prise en compte.

Critères de choix d’une assurance-vie

Choisir une assurance-vie ne se résume pas à comparer le rendement de l’année. Quatre critères structurent une décision solide sur la durée : votre horizon, votre tolérance au risque, la solidité de l’assureur et les modalités pratiques du contrat.

Définir l’horizon et les objectifs

L’assurance-vie est un placement de moyen à long terme. La fiscalité avantageuse se déclenche après 8 ans de détention : au-delà, l’abattement annuel sur les gains est de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple, sans compter les taux réduits de prélèvements sociaux et d’impôt sur le revenu. Si votre projet est à moins de 5 ans, ce contrat est rarement le meilleur véhicule : un livret A (3 % net en 2024) ou un fonds monétaire sont plus adaptés. À l’inverse, pour préparer la retraite à 15 ou 20 ans, pour transmettre ou pour capitaliser, l’assurance-vie retrouve tout son sens. Précisez aussi le besoin de liquidité : un rachat partiel est possible à tout moment, mais il peut déclencher une imposition sur les gains.

Ajuster le risque et l’allocation d’actifs

Votre profil de risque détermine la répartition entre fonds en euros (capital garanti, rendement moyen autour de 2 % à 2,5 % ces dernières années) et unités de compte (UC). Plus la part en UC est élevée, plus l’espérance de rendement est forte, mais plus la volatilité est importante. À titre indicatif :

  • Profil prudent : 20 à 30 % en UC, le reste en fonds euros.
  • Profil équilibré : 50 à 60 % en UC, avec des obligations et des actions.
  • Profil dynamique : 80 à 100 % en UC, majoritairement actions.

Un écart de -20 % sur un support actions est possible en un an. Il faut pouvoir l’accepter sans arbitrer dans la panique.

Évaluer la solidité de l’assureur

Un contrat est un engagement de très long terme. Vérifiez la notation financière (minimum A chez Standard & Poor’s, Fitch ou Moody’s), le ratio de solvabilité Solvabilité II (au-dessus de 200 % est un bon repère) et l’ancienneté de l’assureur. Un acteur mutualiste ou une filiale d’un grand groupe européen présente souvent une meilleure résilience. N’oubliez pas que les fonds en euros sont garantis par l’assureur, pas par l’État, même si le mécanisme de garantie des assurances de personnes intervient en dernier recours (plafond de 70 000 € par assuré et par compagnie).

Examiner l’accessibilité et les conditions de versement

Les frais et les contraintes pratiques pèsent lourd sur la performance nette. Comparez :

  • Le versement initial minimum : souvent 500 €, parfois 1 000 €.
  • Les versements programmés : à partir de 50 € ou 100 € par mois, sans frais.
  • Les frais sur versement : 0 % à 3 % ; privilégiez 0 %.
  • Les frais d’arbitrage : 0 % à 1 %, gratuits chez les bons contrats en ligne.
  • Les rachats partiels : délai de traitement de 10 à 20 jours en général, 2 mois maximum pour un rachat total (délai légal).

Une gestion en ligne permet de suivre et d’ajuster votre allocation facilement. Vérifiez enfin la présence d’options utiles : gestion pilotée, stop-loss, ou versements automatiques programmés.

Frais et coûts associés

Les frais à l’entrée : ce que l’on vous prélève avant même d’investir

Sur un contrat d’assurance-vie, les frais d’entrée (ou de souscription) sont prélevés sur chaque versement. Ils varient fortement d’un contrat à l’autre :

  • Contrats bancaires traditionnels : souvent 2 % à 4 %, parfois jusqu’à 5 %. Sur un versement de 10 000 €, cela représente 200 € à 500 € qui ne travaillent pas.
  • Contrats en ligne ou chez les courtiers : fréquemment 0 % à 1 %, parfois négociables à 0 % au-delà d’un certain montant.
  • Frais sur versement programmé : souvent réduits, voire nuls.

À retenir : un contrat affiché à 0 % d’entrée peut compenser par des frais de gestion plus élevés. Comparez toujours le coût global, pas une ligne isolée.

Les frais de gestion annuels : le vrai poste de dépense

Prélevés chaque année sur l’encours, ils pèsent bien plus lourd sur le long terme que les frais d’entrée.

  • Fonds en euros (support garanti) : généralement 0,5 % à 1 % par an.
  • Unités de compte (UC) : 0,6 % à 1,2 % par an sur le contrat, auxquels s’ajoutent les frais propres aux fonds (0,5 % à 2 % par an).
  • Gestion pilotée ou profils : surcoût de 0,2 % à 1 % selon le niveau d’accompagnement.

Exemple concret : sur 50 000 € investis, une différence de 0,5 % de frais annuels représente 250 € par an, soit environ 5 000 € sur 20 ans avant rendement composé — davantage si l’on intègre les intérêts non capitalisés.

Frais de sortie et de rachat

Bonne nouvelle : depuis la loi de 2005 et la généralisation de la concurrence, la plupart des contrats récents n’appliquent aucun frais d’arbitrage ni de rachat. Vérifiez toutefois :

  • Frais de rachat : encore présents sur d’anciens contrats, jusqu’à 1 % à 3 % du montant retiré.
  • Frais d’arbitrage : souvent gratuits, parfois 0,5 % par opération, ou limités à un nombre d’arbitrages gratuits par an (ex. : 4 gratuits, puis 0,5 %).
  • Rachat partiel programmé : généralement gratuit.

Un rachat partiel n’entraîne pas la clôture du contrat : vous conservez l’antériorité fiscale, précieuse après 8 ans.

Frais de succession et transmission

Sur le plan successoral, l’assurance-vie bénéficie d’un cadre fiscal avantageux, mais avec des frais annexes :

  • Frais de dossier décès : prélevés par l’assureur au moment du versement aux bénéficiaires, souvent 1 % à 3 % du capital, parfois forfaitaires (300 € à 500 €).
  • Frais de gestion post-décès : certains contrats continuent de prélever des frais entre le décès et le versement effectif.
  • Fiscalité : seuls les primes versées après 70 ans sont soumises aux droits de succession, dans la limite globale de 30 500 € (abattement), le surplus étant taxé selon le lien de parenté.

Arbitrage : le coût de la flexibilité

L’arbitrage (changer de support sans retirer) est l’un des grands atouts du contrat. Il reste toutefois :

  • Gratuit chez la majorité des assureurs en ligne.
  • Payant chez certains assureurs traditionnels (0,5 % à 1 %).
  • Encadré : certains contrats limitent les arbitrages gratuits ou imposent un montant minimum.

Avant de souscrire, exigez la fiche de frais détaillée : elle chiffre précisément chaque prélèvement et permet de simuler le coût total sur 8, 10 ou 20 ans.

Risques et réglementation

Le risque de contrepartie : la solidité de l’assureur avant tout

En assurance-vie, vous confiez vos primes à un assureur qui prend des engagements sur la durée. Vous êtes donc exposé à son risque de contrepartie : si l’assureur devient insolvable, le fonds en euros peut ne pas être honoré intégralement et la valeur des unités de compte reste celle des marchés. Ce risque concerne aussi les émetteurs des supports : obligations, actions ou fonds peuvent baisser, et la garantie de l’assureur ne couvre pas ces pertes.

La réglementation Solvabilité II impose un capital minimal, le SCR. Un ratio de couverture inférieur à 100 % déclenche un plan de rétablissement sous contrôle de l’ACPR. Les assureurs publient ce ratio dans leur rapport SFCR : un niveau solide se situe souvent au-dessus de 150 %, mais ce n’est pas une garantie absolue. L’ACPR peut prononcer des injonctions, limiter l’activité, nommer un administrateur provisoire ou retirer l’agrément.

La garantie des dépôts ne protège pas l’assurance-vie

Une confusion est fréquente : la garantie des dépôts du FGDR couvre les dépôts bancaires à hauteur de 100 000 € par déposant et par banque. Elle ne s’applique pas à l’assurance-vie. Pour les contrats d’assurance de personnes, c’est le fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP) qui peut intervenir en cas de défaillance d’un assureur, dans la limite de 70 000 € par assuré et par société d’assurance, tous contrats confondus. Au-delà, vous devenez créancier de la liquidation.

Les unités de compte ne bénéficient d’aucune garantie en capital : une perte de 30 % sur un support actions reste possible. La part en euros bénéficie, elle, d’un mécanisme de garantie contractuelle, mais uniquement dans les conditions prévues au contrat, nettes de frais.

Un cadre français et européen dense

  • Code des assurances et Code de la mutualité ; contrôle de l’ACPR (Banque de France).
  • Solvabilité II (directive 2009/138/CE) : exigences de fonds propres, provisions techniques, gouvernance, reporting.
  • DDA (directive 2016/97) : information, conseil, formation des distributeurs, document d’entrée en relation.
  • Règlement PRIIPs : document d’information clé (DIC) pour les contrats en unités de compte, avec scénarios de performance.
  • AMF : règles de commercialisation et contrôle des conseillers en investissements financiers.
  • EIOPA : coordination de la supervision européenne des assureurs.

Renonciation et clauses à vérifier

Pour l’assurance-vie, le droit de rétractation prend la forme d’une renonciation de 30 jours calendaires révolus à compter de l’information sur la conclusion du contrat, souvent à réception du contrat. C’est plus long que les 14 jours de nombreux contrats à distance. La demande se fait par lettre recommandée avec AR ou support durable, et l’assureur restitue en principe les primes versées dans les 30 jours suivant la réception.

Lisez aussi attentivement :

  • la clause bénéficiaire : elle détermine qui touche le capital ; son acceptation par le bénéficiaire la rend irrévocable ;
  • les garanties plancher ou la gestion pilotée : elles ne suppriment pas le risque de perte en unités de compte ;
  • les conditions d’arbitrage, de rachat partiel, d’avance et les frais associés ;
  • le démembrement : répartition usufruit/nue-propriété, utile en transmission mais complexe.

En résumé

  • Ouvrez une assurance-vie pour un horizon de 8 ans et plus, car avant 8 ans les gains rachetés sont taxés au PFU de 12,8 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux, alors qu’après 8 ans le PFU tombe à 7,4 % pour les primes inférieures à 150 000 €, plus 17,2 % de prélèvements sociaux.
  • Choisissez un contrat multisupports et répartissez votre épargne entre fonds en euros à capital garanti et unités de compte, par exemple 60 % fonds euros / 40 % UC pour un profil équilibré, afin de piloter le risque et la performance.
  • Vérifiez les frais et le canal de distribution, car un même contrat peut être distribué par plusieurs canaux avec des frais très différents et les frais de gestion avoisinent 0,60 % par an sur le fonds euros et 0,85 % par an sur les unités de compte.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une assurance-vie exactement ?

Malgré son nom, c'est une enveloppe d'épargne de long terme régie par le Code des assurances, dans laquelle on loge des supports d'investissement variés. Le décès déclenche la transmission du capital aux bénéficiaires, mais le contrat sert surtout à faire fructifier l'épargne.

Quelle est la fiscalité d'une assurance-vie après 8 ans ?

Après 8 ans, le taux du PFU tombe à 7,4 % pour les primes inférieures à 150 000 €, plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Au-delà de 150 000 €, le taux revient à 12,8 %, plus 17,2 % de prélèvements sociaux.

Fonds en euros ou unités de compte : quelle différence ?

Le fonds en euros offre un capital garanti par l'assureur et un rendement modéré, tandis que les unités de compte n'ont aucune garantie et fluctuent à la hausse comme à la baisse. Les UC visent une espérance de rendement plus élevée, mais avec un risque de perte.

Peut-on retirer son argent d'une assurance-vie à tout moment ?

Oui, aucune durée minimale n'est imposée et un rachat partiel peut être traité en quelques jours à quelques semaines. En pratique, l'horizon recommandé est de 8 ans et plus, car la fiscalité devient plus avantageuse après 8 ans.

Combien peut-on transmettre en assurance-vie sans droits de succession ?

Jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire sont exonérés de droits de succession pour les versements effectués avant 70 ans. C'est l'un des avantages de transmission de l'assurance-vie.

⚠️ Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision engageant votre situation.
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Conseillère en gestion de patrimoine (CGP)

Claire Fontaine est Conseillère en gestion de patrimoine (CGP). Master en gestion de patrimoine ; certifiée Conseiller en Investissements Financiers (CIF), enregistrée à l'ORIAS ; 12 ans en cabinet de gestion de patrimoine indépendant. Ne recommande jamais un produit sans expliquer risques, frais et horizon.. Spécialités : Épargne Et Placements (Livrets, Assurance Vie, Pea, Per), Stratégie Patrimoniale Et Allocation D'Actifs, Préparation De La Retraite Et Prévoyance.

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