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Retraite et Prévoyance

Calcul de sa retraite : le guide complet

Claire Fontaine
Claire Fontaine, Conseillère en gestion de patrimoine (CGP)
Publié le 9 octobre 2026 · 18 min de lecture
Calcul de sa retraite : le guide complet
L'essentiel

Pour calculer sa retraite en France, il faut combiner le régime général, les régimes complémentaires obligatoires comme Agirc-Arrco, et, selon le parcours, les régimes spéciaux, professionnels ou supplémentaires, en maîtrisant l’âge légal, la durée d’assurance, les trimestres validés, le salaire annuel moyen et le coefficient de proratisation. C’est important car une carrière incomplète ou morcelée peut entraîner une proratisation puis une décote, et parce que le régime complémentaire peut représenter 30 à 50 % de la retraite totale d’un salarié. Il faut donc vérifier ses relevés et chaque caisse auprès de l’Assurance retraite.

Les différents régimes de retraite en France

Le socle obligatoire : le régime général de la Sécurité sociale

Tout salarié du privé, ainsi que la quasi-totalité des travailleurs indépendants depuis 2018-2019, cotise au régime général piloté par la CNAV. Cette cotisation s’élève à 15,45 % du salaire brut (8,55 % à la charge de l’employeur, 6,90 % pour le salarié) dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 3 925 € en 2025, puis 2,30 % au-delà.

En contrepartie, la pension de base se calcule sur le salaire annuel moyen des 25 meilleures années, plafonné, pondéré par un taux maximal de 50 % et proratisé selon votre durée d’assurance. Comptez 172 trimestres (43 ans) pour le taux plein si vous êtes né à partir de 1965, et un âge légal porté à 64 ans pour les générations nées dès 1968. C’est le premier paramètre à maîtriser dans le calcul de sa retraite.

Les régimes complémentaires obligatoires : Agirc-Arrco

Tous les salariés du privé, cadres comme non-cadres, relèvent d’Agirc-Arrco depuis la fusion de 2019. Ce régime fonctionne par points : les cotisations représentent 7,87 % du salaire jusqu’à 1 PASS, puis 21,59 % entre 1 et 8 PASS. La pension annuelle brute égale simplement le nombre de points multiplié par la valeur de service du point, soit 1,4159 € au 1er novembre 2024.

Exemple concret : 5 000 points accumulés donnent 7 080 € brut par an. Ce régime peut représenter 30 à 50 % de la retraite totale d’un salarié, davantage pour un cadre.

Les régimes spéciaux et les régimes des professionnels

  • Fonctionnaires : SRE pour l’État, CNRACL pour la territoriale et l’hospitalière. Le calcul diffère — 75 % du traitement indiciaire détenu depuis au moins six mois, bonifications incluses — et non la moyenne des 25 meilleures années.
  • Régimes spéciaux (SNCF, RATP, industries électriques et gazières, Banque de France, marins, clercs de notaires…) : fermés aux nouveaux embauchés depuis le 1er septembre 2023, qui basculent sur le régime général.
  • Professions libérales : CNAVPL et ses dix sections (CIPAV, CARMF pour les médecins, CARPIMKO pour les paramédicaux…), plus la CNBF pour les avocats.

Retraite supplémentaire et épargne-retraite

Ces dispositifs complètent les régimes obligatoires, ils ne les remplacent jamais.

  • PER (loi PACTE de 2019) : versements volontaires déductibles du revenu imposable dans la limite de 10 % des revenus professionnels, soit un plafond d’environ 37 700 € en 2025. Sortie en capital ou en rente.
  • PER d’entreprise (PERCOL, PERO) : l’abondement de l’employeur dope réellement votre effort d’épargne.
  • Dispositifs antérieurs : Madelin, article 83, PERP, encore actifs pour certains contrats.
  • Assurance-vie et PEA : enveloppes long terme. L’assurance-vie permet une sortie en rente ou en capital, avec une fiscalité allégée après 8 ans (fonds euros autour de 2,5 % en 2024). Surveillez les frais de gestion, souvent 0,5 à 1 % par an, qui rognent le rendement.
  • Horizon : ces supports exigent 8 à 15 ans de détention pour être pertinents ; sortir avant l’échéance expose à une fiscalité et parfois à une perte de capital.

Retenez ceci : plus votre parcours est morcelé (privé, public, indépendant, expatriation), plus il vous faut reconstituer vos relevés et vérifier chaque caisse auprès de l’Assurance retraite.

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Les critères essentiels pour calculer sa retraite

Le calcul de sa retraite repose sur quatre paramètres qui s’articulent entre eux. Les ignorer revient à avancer à l’aveugle : une même carrière peut donner des résultats très différents selon la façon dont chaque critère est rempli.

L’âge légal et la durée d’assurance requise

Depuis la réforme de 2023, l’âge légal de départ est progressivement relevé à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968. Mais atteindre cet âge ne suffit pas : pour percevoir une pension au taux plein (sans décote), il faut aussi justifier d’une durée d’assurance minimale, fixée à 172 trimestres (43 ans) pour les personnes nées à partir de 1965. Ces deux conditions sont cumulatives : si l’une manque, une minoration s’applique — sauf cas d’inaptitude ou de carrière longue.

Le nombre de trimestres validés

Un trimestre est validé dès lors que vos revenus d’activité atteignent un seuil. En 2025, il faut percevoir l’équivalent de 150 fois le SMIC horaire, soit environ 1 782 € brut par trimestre (4 trimestres maximum par an). Tous les régimes confondus comptent : salariat, indépendant, périodes de chômage indemnisé, maladie, maternité, service militaire… Certaines périodes rachetables (années d’études, stages) peuvent compléter le compteur, à un coût qui varie selon l’âge et le revenu.

Le salaire annuel moyen de référence

Pour le régime général, la pension se calcule sur le salaire annuel moyen (SAM) des 25 meilleures années de votre carrière, revalorisées selon l’inflation. Concrètement, si vous avez cotisé 40 ans, seules les 25 années les plus rémunératrices sont retenues. Un point important : les revenus pris en compte sont plafonnés à la Pass (plafond annuel de la Sécurité sociale), soit 47 100 € en 2025. Au-delà, la cotisation ne génère pas plus de droits dans ce régime : c’est là que la retraite complémentaire (Agirc-Arrco) et l’épargne prennent le relais.

Le coefficient de proratisation

C’est le critère le plus souvent négligé. La formule applique un rapport entre vos trimestres validés et la durée de référence :

Coefficient = trimestres validés ÷ trimestres requis (plafonné à 1)

Exemple : avec 150 trimestres validés pour 172 requis, le coefficient est de 150/172 = 0,872. Votre pension calculée sur le SAM est donc multipliée par 0,872, avant application de la décote. Une carrière incomplète coûte donc deux fois : à travers la proratisation, puis à travers la décote pour trimestres manquants.

Ce qu’il faut retenir avant de calculer

  • L’âge légal (64 ans) et la durée d’assurance (172 trimestres) sont deux critères distincts.
  • Le SAM lisse les 25 meilleures années, mais plafonne à la Pass.
  • Chaque trimestre manquant pèse sur la proratisation et sur la décote.
  • Les régimes complémentaires (Agirc-Arrco) suivent une logique de points, distincte : ils s’ajoutent à cette pension de base.

Ce sont ces quatre variables qu’il faut réunir — relevé de carrière à l’appui — avant de lancer toute simulation sérieuse.

Formule de calcul de la pension de retraite

La formule du régime général, en trois facteurs

Le montant de la pension de base repose sur une équation simple en apparence :

Pension annuelle = SAM × taux × (durée d’assurance retenue / durée requise)

Chaque paramètre mérite qu’on s’y arrête.

  • SAM (salaire annuel moyen) : moyenne des 25 meilleures années de votre carrière, chaque année étant plafonnée au plafond annuel de la Sécurité sociale (46 368 € en 2024).
  • Taux : 50 % au maximum pour les assurés nés depuis 1953. C’est le taux plein.
  • Durée requise : jusqu’à 172 trimestres pour les générations concernées par la réforme de 2023. Seuls les trimestres retenus dans la limite de cette durée entrent dans le rapport.

Bonne nouvelle : tous les trimestres cotisés comptent, y compris ceux acquis au titre du chômage, de la maladie ou de la maternité.

Les régimes complémentaires : une logique par points

Les régimes complémentaires (Agirc-Arrco pour le privé, IRCANTEC pour certains non-cadres, etc.) ne fonctionnent pas en annuités mais en points. Vous en cumulez tout au long de votre carrière, puis ils sont convertis selon la formule :

Pension complémentaire = nombre de points × valeur du point

En 2024, la valeur du point Agirc-Arrco s’élève à environ 1,42 €. Un salarié ayant accumulé 5 000 points percevra donc 5 000 × 1,42 = 7 100 € brut par an, soit près de 592 € par mois. Ces régimes appliquent en outre leurs propres coefficients de minoration ou de majoration, plus un éventuel coefficient de solidarité.

Décote et surcote : les coefficients qui changent tout

La décote sanctionne un départ sans durée requise : chaque trimestre manquant réduit le taux de 0,625 point, dans la limite de 20 trimestres. Le taux plancher du régime général descend alors à 37,5 %.

La surcote récompense l’inverse : +1,25 % par trimestre cotisé au-delà de la durée requise et après l’âge légal. Concrètement, travailler deux ans de plus ajoute 10 % à la pension de base.

Deux exemples chiffrés

Cas 1 — taux plein. Marc affiche un SAM de 30 000 € et a validé 172 trimestres. 30 000 × 50 % × (172/172) = 15 000 € brut par an, soit 1 250 € par mois.

Cas 2 — décote de 10 trimestres. Sophie, même SAM, 162 trimestres. Taux minoré : 50 % − (10 × 0,625) = 43,75 %. 30 000 × 43,75 % × (162/172) = 12 363 € brut par an, soit environ 1 030 € par mois.

L’écart atteint près de 220 € mensuels. De quoi justifier un calcul de sa retraite bien en amont, avant d’arbitrer sur la date de départ.

Les outils et simulateurs pour estimer sa retraite

Le simulateur officiel de l’Assurance retraite

Le premier réflexe pour tout calcul de sa retraite consiste à utiliser le simulateur interrégimes de l’Assurance retraite, accessible gratuitement sur info-retraite.fr. Cet outil agrège les données de l’ensemble de vos régimes obligatoires : régime général, Agirc-Arrco, MSA, professions libérales, etc. Vous pouvez y tester plusieurs hypothèses : départ à l’âge légal, à taux plein, avec décote ou surcote. Pour un salarié né en 1965, l’âge légal est ainsi fixé à 64 ans, avec une durée de cotisation requise de 172 trimestres (43 ans) pour le taux plein. Le simulateur affiche une estimation mensuelle brute, puis nette, avant impôt. Actualisez la simulation chaque année : vos revenus et vos trimestres évoluent.

Relevé de carrière et points : vérifier la matière première

Avant de vous fier à une estimation, contrôlez votre relevé de carrière. Il récapitule toutes les périodes enregistrées : emploi, chômage, maladie, maternité, service national. Une erreur de trimestre peut réduire votre pension de plusieurs dizaines d’euros par mois, surtout si vous êtes proche du taux plein. Chaque trimestre manquant peut entraîner une décote de 1,25 % par trimestre (dans la limite de 20 trimestres), soit une baisse pouvant atteindre 25 % de la pension. Côté complémentaire, vérifiez le nombre de points Agirc-Arrco : leur valeur de service, revalorisée chaque année, avoisine 1,42 € en 2024. Un point oublié, c’est une rente annuelle en moins.

Le compte personnel retraite en ligne

Sur info-retraite.fr, créez votre compte personnel. Vous y accédez à :

  • votre relevé de carrière tous régimes ;
  • vos estimations personnalisées ;
  • une demande de correction en ligne, avec justificatifs (bulletins de salaire, attestations).

Le délai de traitement d’une correction varie de quelques semaines à plusieurs mois. Connectez-vous au moins une fois par an, et impérativement cinq ans avant votre départ : c’est le moment idéal pour régulariser les périodes manquantes sans précipitation.

L’aide d’un conseiller retraite

Deux types d’accompagnement existent. D’abord, les conseillers retraite de l’Assurance retraite et de l’Agirc-Arrco : entretiens gratuits, sur rendez-vous, souvent proposés à partir de 55 ans. Ils vérifient votre relevé et expliquent vos droits. Ensuite, un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) ou un conseiller en investissements financiers (CIF) intervient sur une vision globale : articulation entre PER, assurance-vie, immobilier et retraite. Il peut chiffrer l’opportunité d’un rachat de trimestres (comptez généralement entre 3 000 € et 6 000 € par trimestre selon l’âge et les revenus) ou d’un surcote via le cumul emploi-retraite. Un conseiller vous aide à répondre à une question simple : à quelle date et avec quel revenu net puis-je partir sereinement ?

Décote et surcote : impacts sur le calcul

Quand la décote s’applique

La décote frappe les assurés qui liquident leur pension avant l’âge légal, ou avant d’avoir réuni la durée d’assurance requise pour leur génération. Elle joue sur deux leviers du calcul de sa retraite :

  • La proratisation : seuls les trimestres validés sont pris en compte. Formule : pension = salaire annuel moyen × taux × (trimestres validés / trimestres requis).
  • L’abattement sur le taux : 0,625 % par trimestre manquant par rapport à la durée requise, dans la limite de 20 trimestres. Le taux plein de 50 % peut ainsi chuter jusqu’à 43,75 % (50 % − 12,5 %).

Exemple concret : un salarié né en 1965, avec 160 trimestres validés sur 172 requis et un salaire annuel moyen de 28 000 €, soit 12 trimestres manquants. La proratisation donne 160/172 = 93,02 %, et la décote (plafonnée à 20 trimestres, ici 12) retire 7,5 % au taux : 42,5 % au lieu de 50 %. Sa pension annuelle brute ressort à environ 28 000 × 42,5 % × 93,02 % ≈ 11 063 €, contre près de 13 000 € sans décote.

Le bonus de surcote

À l’inverse, chaque trimestre cotisé au-delà de l’âge légal et de la durée requise ouvre droit à une surcote de 1,25 % appliquée au taux de 50 %. Attention : la surcote ne s’applique pas tant que tous les trimestres ne sont pas acquis. Concrètement, deux ans de travail supplémentaires (8 trimestres) ajoutent 10 % au taux, soit 55 %.

Cas typique : un assuré atteignant l’âge légal avec 168 trimestres cotisés sur 168 requis, qui poursuit 8 trimestres, verra sa pension calculée avec un taux de 55 % sur l’intégralité de son salaire annuel moyen — un gain souvent supérieur à celui d’un rachat de trimestres.

Des taux indexés sur l’année de naissance

L’âge légal n’est pas uniforme. Depuis la réforme de 2023, il progresse selon la génération :

  • 62 ans pour les assurés nés avant le 1ᵉʳ septembre 1961 ;
  • 62 ans et 3 mois (fin 1961), puis +3 mois par an ;
  • 63 ans pour la génération 1964 ;
  • 64 ans à partir des assurés nés en 1968.

La durée requise évolue parallèlement : elle atteint 172 trimestres pour les générations 1973 et suivantes (168 pour 1970, 169 pour 1971, 170 pour 1972). Vérifiez donc votre date pivot personnelle avant toute décision.

Arbitrer intelligemment son départ

Trois stratégies se dessinent :

  • Départ anticipé (carrière longue, incapacité, pénibilité) : sécurise un taux plein malgré un départ avant l’âge légal, à condition de cocher tous les critères.
  • Départ à l’âge légal avec décote : ne se justifie que si le gain de revenus d’activité non perçus reste marginal ou si l’état de santé l’impose.
  • Départ après l’âge légal avec surcote : cumule taux majoré et trimestres supplémentaires, idéal si l’activité reste supportable et bien rémunérée.

Un simulateur officiel reste indispensable pour chiffrer chaque scénario à votre nom.

Cas particuliers et situations spéciales

Carrière longue : partir avant l’âge légal

Vous avez commencé à travailler jeune ? Le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue peut vous permettre de partir dès 58, 60, 62 ou 63 ans, selon votre génération. Pour en bénéficier, il faut avoir validé un certain nombre de trimestres avant 16, 18 ou 20 ans : par exemple, 5 trimestres avant la fin de l’année de vos 16 ans. Vous devez aussi réunir la durée d’assurance exigée, qui peut atteindre 172 trimestres. Concrètement, un salarié né en 1962, ayant débuté à 15 ans, peut partir à 60 ans s’il a 5 trimestres avant fin 1977 et 168 trimestres validés. Ce dispositif est essentiel dans le calcul de sa retraite : anticipez-le plusieurs années à l’avance.

Retraite progressive et cumul emploi-retraite

La retraite progressive s’adresse aux salariés à partir de 60 ans justifiant de 150 trimestres. Vous réduisez votre activité entre 40 % et 80 % d’un temps plein et percevez une fraction de votre pension. Exemple : à 50 % d’activité, vous touchez 50 % de votre retraite. Depuis 2023, le cumul emploi-retraite est intégral si vous avez l’âge légal et le taux plein : votre pension s’ajoute à votre salaire sans plafond. Sinon, le cumul est limité. Les cotisations versées peuvent générer de nouveaux droits pour la retraite complémentaire.

Les périodes non cotisées comptent

Chômage indemnisé, maladie, maternité ou service militaire : ces périodes permettent de valider des trimestres. Pour le chômage, 50 jours indemnisés valident un trimestre, dans la limite de 4 par an. La maternité et le service militaire valident un trimestre par 90 jours. La maladie avec indemnités journalières peut aussi valider des trimestres. Ces périodes sont intégrées dans le calcul de votre retraite, mais vérifiez votre relevé de carrière sur Info-retraite. En cas d’oubli, un rachat de trimestres est possible, avec un coût variable.

Indépendants et professions libérales : des règles spécifiques

Artisans, commerçants et professions libérales relèvent du SSI ou de la CIPAV. Le calcul de la retraite repose sur des points accumulés selon vos revenus. Pour valider un trimestre, il faut un revenu minimum : environ 1 800 € en 2024 (600 SMIC horaire). Avec 7 200 € de revenus annuels, vous validez 4 trimestres. Le minimum contributif peut porter votre pension à un seuil plancher (environ 700 € par mois pour une carrière complète). Les professions libérales cotisent à des régimes complémentaires obligatoires, comme la CNAVPL. Anticipez votre fin de carrière : un revenu élevé tardif peut augmenter vos points, mais le calcul reste complexe.

Améliorer le calcul de sa retraite

Racheter des trimestres : un arbitrage qui se calcule, pas qui se devine

Le rachat de trimestres permet de compléter la durée d’assurance retenue pour le taux, donc de réduire — voire d’annuler — la décote. Trois gisements existent :

  • les années d’études supérieures (jusqu’à 4 trimestres par année, dans la limite de 12) ;
  • les années d’activité incomplètes, quand vous avez validé moins de 4 trimestres ;
  • depuis 2014, les périodes de congé parental d’éducation.

Deux options vous sont proposées : le rachat déductible de votre revenu imposable (plus cher affiché, mais l’économie d’impôt le rend souvent compétitif dès la tranche à 30 %) ou le rachat non déductible, moins onéreux. Le prix dépend de votre âge et de votre niveau de revenus : comptez de l’ordre de 2 000 à 6 000 € le trimestre, et davantage si vous rachetez tard. La demande doit être déposée avant la liquidation de la retraite.

Exemple : à 58 ans, il manque 4 trimestres à Jean. Rachat de 18 000 €, économie d’impôt de 5 400 € en tranche à 30 % → coût net 12 600 €. La décote évitée est de 4 × 0,625 % = 2,5 % de pension, soit 37,50 € par mois pour une pension de 1 500 €, donc 450 € par an. Rendement brut autour de 3,6 % : à comparer au rendement d’un placement sans risque et à la réversion, sachant que l’opération devient d’autant plus pertinente que l’on est proche du taux plein.

Prolonger l’activité : le double effet SAM + surcote

Le salaire annuel moyen (SAM) est la moyenne de vos 25 meilleures années, chacune plafonnée au plafond annuel de la Sécurité sociale (46 368 € en 2024). Chaque nouvelle année travaillée remplace la plus faible des 25 si elle est supérieure. Remplacer une année à 22 000 € par une année à 32 000 € augmente le SAM de 400 €, donc la pension de 200 € par an (400 € × 50 %), soit environ 17 € par mois.

S’y ajoute la surcote : 1,25 % par trimestre travaillé au-delà du taux plein, soit 5 % par an. Pour une pension de base de 1 400 €, un an de plus représente donc 70 € mensuels à vie. Depuis 2023, le cumul emploi-retraite permet même, sous conditions, d’acquérir de nouveaux droits et une seconde pension.

Congé parental, aidants : récupérer les trimestres oubliés

  • L’AVPF attribue des trimestres gratuits aux parents élevant un enfant de moins de 3 ans (ou trois enfants), sous condition de revenus du foyer.
  • Depuis 2020, l’AGIRC-ARRCO valide des points de retraite complémentaire pendant le congé parental d’éducation.
  • L’assurance vieillesse des aidants (AVA) couvre, depuis 2022, les proches accompagnant une personne handicapée ou en perte d’autonomie.

Ces dispositifs sont automatiques en principe, mais une vérification de votre relevé de carrière reste indispensable : une régularisation demande souvent plusieurs mois.

Choisir la date de liquidation

C’est le levier le plus puissant. Partir sans le taux plein coûte 0,625 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres (12,5 %). Attendre ajoute 1,25 % par trimestre. Mais chaque année d’attente, c’est aussi douze mois de pension non perçus. Le bon calcul de sa retraite consiste donc à comparer le cumul des pensions sur l’horizon d’espérance de vie, décote, surcote, fiscalité et réversion incluses : l’écart met souvent dix à quinze ans à se combler. Faites tourner le simulateur officiel avant de fixer la date.

En résumé

  • Maîtrisez d’abord l’âge légal de départ, porté à 64 ans pour les générations nées dès 1968, et la durée d’assurance pour le taux plein, fixée à 172 trimestres pour les personnes nées à partir de 1965, car ces conditions sont cumulatives.
  • Calculez votre pension de base à partir du salaire annuel moyen des 25 meilleures années, plafonné à la PASS (47 100 € en 2025), puis appliquez le coefficient de proratisation trimestres validés ÷ trimestres requis, plafonné à 1.
  • Reconstituez tous vos relevés et vérifiez chaque caisse auprès de l’Assurance retraite, surtout si votre parcours est morcelé entre privé, public, indépendant ou expatriation, et contrôlez le poids d’Agirc-Arrco, qui peut représenter 30 à 50 % de la retraite totale d’un salarié.

Questions fréquentes

Quel est l'âge légal de départ à la retraite en France ?

Depuis la réforme de 2023, l'âge légal de départ est progressivement relevé à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968.

Combien de trimestres faut-il pour avoir une retraite à taux plein ?

Il faut justifier de 172 trimestres, soit 43 ans, pour les personnes nées à partir de 1965. Atteindre l'âge légal ne suffit donc pas à lui seul.

Comment est calculée la pension de base du régime général ?

Elle se calcule sur le salaire annuel moyen des 25 meilleures années, plafonné, avec un taux maximal de 50 % et proratisé selon votre durée d'assurance. Le salaire annuel moyen est revalorisé selon l'inflation et plafonné à 47 100 € en 2025.

Comment calculer sa retraite complémentaire Agirc-Arrco ?

La pension annuelle brute est égale au nombre de points accumulés multiplié par la valeur de service du point, soit 1,4159 € au 1er novembre 2024. Par exemple, 5 000 points donnent 7 080 € brut par an.

Qu'est-ce que le coefficient de proratisation dans le calcul de la retraite ?

C'est le rapport entre vos trimestres validés et les trimestres requis, plafonné à 1. Avec 150 trimestres validés pour 172 requis, le coefficient est de 150/172 = 0,872, et la pension est multipliée par ce coefficient avant application de la décote.

⚠️ Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision engageant votre situation.
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Conseillère en gestion de patrimoine (CGP)

Claire Fontaine est Conseillère en gestion de patrimoine (CGP). Master en gestion de patrimoine ; certifiée Conseiller en Investissements Financiers (CIF), enregistrée à l'ORIAS ; 12 ans en cabinet de gestion de patrimoine indépendant. Ne recommande jamais un produit sans expliquer risques, frais et horizon.. Spécialités : Épargne Et Placements (Livrets, Assurance Vie, Pea, Per), Stratégie Patrimoniale Et Allocation D'Actifs, Préparation De La Retraite Et Prévoyance.

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