Crédit immobilier : le guide complet

Un crédit immobilier est un prêt à long terme destiné à financer l’achat d’un bien — résidence principale, secondaire ou investissement locatif — ou, dans certains cas, des travaux, remboursé par mensualités majorées d’intérêts et garanti par le bien. Il se distingue d’un crédit à la consommation par sa garantie, sa durée de 15 à 25 ans et son coût généralement inférieur. C’est important car le type de crédit, le taux et la durée déterminent le TAEG, le coût total et votre marge de manœuvre.
Qu’est-ce qu’un crédit immobilier ?
Un crédit immobilier est un prêt à long terme destiné à financer l’achat d’un bien — résidence principale, secondaire ou investissement locatif — ou, dans certains cas, des travaux. Concrètement, la banque vous avance un capital que vous remboursez progressivement, par mensualités, pendant une durée définie, majoré d’intérêts. À la différence d’un simple prêt personnel, il est garanti par le bien lui-même.
Le mécanisme en trois briques
Tout crédit immobilier repose sur trois éléments qui s’articulent :
- Le capital emprunté : 200 000 € pour un appartement à Lyon, par exemple.
- Le taux d’intérêt : il rémunère la banque pour le risque et le service rendu.
- La durée : plus elle est longue, plus la mensualité baisse, mais plus le coût total grimpe.
Un exemple concret. Pour 200 000 € sur 20 ans à 3,50 % (hors assurance), la mensualité avoisine 1 160 €. Sur 25 ans au même taux, elle tombe autour de 1 000 € — mais vous payez près de 15 000 € d’intérêts supplémentaires. Voilà pourquoi je raisonne systématiquement en TAEG et en coût total : la mensualité seule ne dit jamais si l’opération est bonne.
Ce qui le distingue des autres financements
Un crédit immobilier n’est pas un crédit à la consommation. Trois différences structurelles :
- La garantie : hypothèque ou cautionnement (type Crédit Logement), car le montant est élevé et la durée longue.
- La durée : 15 à 25 ans en général, contre 1 à 7 ans pour un crédit conso.
- Le coût : les taux immobiliers restent nettement inférieurs à ceux des prêts personnels, précisément parce que le prêt est adossé à un bien.
Un crédit travaux non rattaché à un prêt immobilier peut afficher un taux deux à trois fois supérieur. Même logique pour un découvert ou un crédit renouvelable : ce sont des financements chers, à éviter pour du long terme.
Qui fait quoi : banque et emprunteur
La banque analyse votre dossier : capacité d’endettement (généralement plafonnée à 35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise), apport, stabilité professionnelle, épargne résiduelle. Elle évalue le risque, puis fixe les conditions — taux, durée, garanties.
De votre côté, vous vous engagez à rembourser, à assurer le bien et à signaler tout changement de situation. Mais vous êtes aussi en droit de négocier : taux, assurance, frais de dossier, modularité des échéances. Trop d’emprunteurs acceptent la première proposition sans comparer. C’est une erreur coûteuse.
Durées et montants pratiqués
- Durée courante : 15, 20 ou 25 ans. Au-delà de 25 ans, on parle de prêt très long, rare pour une résidence principale.
- Montants : de 50 000 € pour un petit investissement à plus d’un million pour un bien de prestige. La majorité des dossiers se situent entre 150 000 € et 250 000 €.
- Apport : comptez 10 à 20 % du prix, frais de notaire inclus (7 à 8 % dans l’ancien, 2 à 3 % dans le neuf). Un apport solide reste votre meilleur levier de négociation.
Gardez en tête que ces repères varient selon votre profil, votre région et la politique commerciale de chaque banque au moment où vous empruntez.
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Types de crédit immobilier
Avant de comparer les offres, sachez que le type de crédit immobilier que vous choisissez détermine votre TAEG, votre coût total et votre marge de manœuvre. Voici les montages que je vois le plus souvent en rendez-vous.
Le prêt amortissable classique
C’est le standard : vous remboursez chaque mois une part de capital et des intérêts. La mensualité est constante (hors assurance), et le capital restant dû diminue progressivement. Exemple : 200 000 € empruntés sur 20 ans à 3,5 % (hors assurance) donnent une mensualité d’environ 1 160 €. Coût total des intérêts : près de 78 400 €. Avec une assurance emprunteur à 0,35 %, le TAEG grimpe autour de 4,1 % et le coût total dépasse 92 000 €. C’est le prêt le plus lisible, idéal pour une résidence principale.
Le prêt in fine
Ici, vous ne remboursez que les intérêts chaque mois, et le capital en une fois à l’échéance. Sur 200 000 € à 3,5 % sur 20 ans, vous payez environ 583 €/mois d’intérêts, puis 200 000 € au bout de 20 ans. Le TAEG est plus élevé (souvent +0,5 à +1 point) car le capital n’est pas amorti. Ce montage convient à un investissement locatif ou si vous détenez un placement dont le rendement dépasse le taux du crédit. Mais attention au risque de refinancement à l’échéance.
Taux fixe ou taux variable : le choix de la stabilité
- Taux fixe : votre mensualité et votre TAEG sont connus à l’avance, pour toute la durée. Sécurité totale. En 2024, un taux fixe sur 20 ans se situe autour de 3,5 % à 4 % (hors assurance).
- Taux variable : le taux est révisé selon un index (Euribor, TEC 10). Il peut être capé (+1 % ou +2 %) ou non. Le taux initial est souvent plus bas (3,2 % à 3,8 %), mais votre coût total peut augmenter. Les révisions ont lieu tous les 3, 5 ou 10 ans. Un capé limite la casse, mais pas le coût final.
Pour un crédit immobilier, je recommande le fixe si vous êtes serein sur vos revenus ; le variable se discute pour des durées courtes ou des profils très avertis.
Prêt relais et prêt progressif
- Prêt relais : vous achetez avant d’avoir vendu. La banque avance généralement 60 à 70 % de la valeur du bien à vendre, sur 12 à 24 mois. Exemple : bien estimé 300 000 €, relais de 180 000 à 210 000 €. Vous payez les intérêts mensuellement (ou in fine). TAEG plus élevé qu’un prêt classique (4,5 % à 6 %). À sécuriser avec une clause de revente.
- Prêt progressif : vos mensualités augmentent par paliers. Exemple : 500 €/mois les 5 premières années, 800 € les 5 suivantes, puis 1 100 €. Utile pour les jeunes actifs dont les revenus augmentent. Le TAEG dépend du profil, mais le coût total est souvent proche d’un amortissable classique.
Le PGE : un dispositif pour les entreprises, pas pour votre maison
Le Prêt Garanti par l’État (PGE) est souvent cité à tort pour l’immobilier. Il s’agit d’un prêt de trésorerie destiné aux entreprises, garanti jusqu’à 90 % par l’État, pour faire face à la crise sanitaire. Pour un crédit immobilier, l’État propose plutôt le PTZ (Prêt à Taux Zéro) pour les primo-accédants, ou le PAS (Prêt Accession Sociale). Le PTZ finance jusqu’à 40 % du montant dans le neuf (selon zone et revenus), sans intérêts. Ne confondez pas : le PGE ne finance pas votre résidence principale.
Conditions et critères d’obtention
Pour décrocher un crédit immobilier, la banque ne se contente pas de vérifier qu’une mensualité « passe ». Elle analyse votre capacité de remboursement sur 20 ou 25 ans, votre stabilité et votre gestion financière. Voici les critères réellement scrutés, et comment les aborder.
Revenus et taux d’endettement : la règle des 35 %
Vos revenus nets doivent être réguliers et justifiables : salaires, primes récurrentes, pensions, revenus locatifs retenus à 70 % environ. Le taux d’endettement maximal recommandé est de 35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise. Exemple : avec 4 500 € de revenus nets et un crédit conso de 250 €, la mensualité maximale est d’environ 1 325 €. Les banques disposent d’une flexibilité sur 20 % des dossiers, mais elle se justifie : reste à vivre élevé, épargne, primo-accédant. Au-delà, le dossier passe en comité.
Apport personnel : la clé de la négociation
L’apport n’est pas obligatoire, mais il pèse lourd. Prévoyez au minimum 10 % du prix pour couvrir les frais de notaire : 7 à 8 % dans l’ancien, 2 à 3 % dans le neuf. Un apport de 20 % ou plus rassure la banque et améliore votre taux. Sans apport, il faudra une caution ou une hypothèque, et le taux sera souvent moins favorable. Pensez aussi aux frais de dossier (500 à 1 500 €) et de garantie. Une épargne résiduelle de 3 à 6 mois de charges après l’achat est un excellent signal.
Score de crédit et historique bancaire
En France, il n’existe pas de score de crédit unique comme aux États-Unis. Chaque banque applique son propre scoring. Elle épluche vos relevés des 3 derniers mois, parfois 12 : découverts non autorisés, rejets de prélèvements, crédits renouvelables, incidents. Un découvert ponctuel régularisé pèse moins qu’un découvert récurrent. Si vous avez un crédit conso en cours, il est intégré au taux d’endettement. Le rembourser par anticipation peut améliorer votre capacité d’emprunt.
Situation professionnelle et stabilité de l’emploi
La stabilité est centrale. CDI hors période d’essai : idéal, avec 6 à 12 mois d’ancienneté. Fonctionnaires : statut très apprécié. CDD : la banque regarde la date de fin ; il faut souvent 6 à 12 mois restants et une promesse d’embauche. Indépendants : 2 à 3 ans d’ancienneté, bilans et revenus stables. Un changement de poste récent n’est pas éliminatoire, mais attendez d’avoir validé votre période d’essai.
Vérification de solvabilité : reste à vivre et TAEG
La banque calcule votre reste à vivre après charges, souvent 700 à 1 200 € par personne selon la composition du foyer. Elle vérifie votre épargne, vos crédits en cours et votre capacité à faire face à un imprévu. Ne raisonnez jamais en mensualité seule : demandez le TAEG et le coût total. Sur un crédit immobilier de 200 000 € sur 20 ans, 0,20 % de TAEG en plus représente environ 5 000 € de coût supplémentaire. L’assurance emprunteur, les frais de dossier et de garantie comptent. Un bon courtier négocie ces lignes autant que le taux.
Taux et coûts du crédit immobilier
Ce qui fait bouger les taux d’intérêt
Le taux affiché n’est jamais le taux obtenu. Sur un crédit immobilier, plusieurs variables pèsent sur la grille que la banque vous appliquera :
- La durée : plus elle s’allonge, plus le taux monte. Sur 20 ans, comptez une fourchette indicative de 3,00 % à 3,80 % selon les dossiers, contre 2,90 % à 3,40 % sur 15 ans.
- L’apport : 10 % minimum rassure, 20 % font basculer le dossier dans la meilleure grille.
- Le profil : CDI hors période d’essai, revenus stables, taux d’endettement sous 35 % charges comprises.
- Le taux d’usure, plafond légal révisé chaque trimestre par la Banque de France, qui borne ce qu’une banque peut pratiquer.
Un dossier « bien noté » peut gagner 0,40 à 0,60 point par rapport au même emprunteur sans apport et avec un CDD. Sur 200 000 € sur 20 ans, 0,50 point représente environ 11 000 € d’intérêts en plus.
Le TAEG, seul indicateur comparable
Le TAEG intègre le taux nominal, les frais de dossier, le coût de l’assurance emprunteur et les frais de garantie. C’est la seule ligne qui permet de comparer deux offres de crédit immobilier.
Exemple : 200 000 € sur 20 ans, taux nominal 3,30 %, frais de dossier 900 €, assurance à 0,40 % sur capital initial, caution. Mensualité hors assurance ≈ 1 140 €. Avec tous les frais, le TAEG ressort autour de 3,90 % et le coût total du crédit approche 93 000 €. Deux banques annonçant le même taux nominal peuvent afficher 8 000 € d’écart sur ce coût total.
Frais de dossier et courtage
- Frais de dossier bancaires : de 500 à 1 200 € selon les réseaux. Ils sont presque toujours négociables, surtout si vous apportez un dossier complet et un bon apport.
- Frais de courtage : généralement 1 % du montant emprunté, avec un plancher (souvent 800 €) et un plafond (1 000 à 1 500 € chez la plupart des intermédiaires). Ces honoraires ne sont dus qu’en cas d’acceptation de l’offre.
Un courtier sérieux vous montre le gain net : si le courtage coûte 1 500 € mais fait économiser 12 000 € d’intérêts et 4 000 € d’assurance, l’arbitrage est vite tranché.
Assurance emprunteur obligatoire
Elle n’est pas imposée par la loi mais exigée par la banque. Comptez 0,30 % à 0,60 % du capital initial par an selon l’âge et l’état de santé — soit 600 à 1 200 € par an pour 200 000 € empruntés. Depuis la loi Lemoine, vous pouvez changer d’assureur à tout moment, sans frais ni délai d’attente, et résilier chaque année à la date anniversaire pour les contrats plus anciens. Une délégation bien négociée fait souvent tomber la facture de 40 à 60 %, avec des garanties équivalentes.
Frais de garantie et d’enregistrement
- Caution mutuelle (type Crédit Logement) : environ 1,5 % à 2 % du montant prêté, partiellement restituée en fin de prêt.
- Hypothèque ou privilège de prêteur de deniers : frais de notaire et droits d’enregistrement, soit environ 2 % à 3 % du montant, non récupérables.
Sur 200 000 €, l’écart entre caution et hypothèque atteint facilement 2 000 à 3 000 €. Votre courtier doit systématiquement chiffrer les deux options avant de valider l’offre.
Processus de demande et approbation
De la simulation à l’accord de principe
La demande de crédit immobilier suit un chemin balisé. Vous commencez par une simulation intégrant taux, assurance, frais de dossier et garantie. Un courtier peut interroger plusieurs banques en parallèle. Vient ensuite l’accord de principe : la banque valide votre capacité d’emprunt sous réserve de documents. Il n’est pas contractuel, mais il sécurise votre offre d’achat. Un accord de principe s’obtient souvent en 48 à 72 heures si le dossier est simple ; comptez plutôt 5 à 15 jours ouvrés en analyse complète.
Les pièces à réunir
Un dossier complet évite des semaines de retard. Préparez :
- pièce d’identité, justificatif de domicile de moins de 3 mois ;
- 3 derniers bulletins de salaire, contrat de travail, 2 derniers avis d’imposition ;
- 3 derniers relevés de compte (tous comptes) ;
- justificatifs d’apport et d’épargne ;
- compromis de vente ou promesse, titre de propriété, devis travaux ;
- questionnaire d’assurance emprunteur et, si besoin, certificat médical.
Indépendants : 2 à 3 derniers bilans, liasses fiscales et attestation d’expert-comptable. Transparence : expliquez les mouvements inhabituels, évitez tout nouveau crédit ou découvert avant le déblocage.
Délai d’étude et réponse de la banque
La banque analyse taux d’endettement (généralement 35 % maximum, assurances comprises), reste à vivre, stabilité professionnelle et épargne résiduelle. La réponse peut être un accord, un accord conditionnel ou un refus. Un accord conditionnel exige souvent une assurance emprunteur, une garantie (hypothèque, privilège de prêteur de deniers ou caution) ou un apport complémentaire. Comparez toujours le TAEG et le coût total : 0,10 point de plus sur 200 000 € empruntés pendant 20 ans représente environ 2 400 € d’intérêts supplémentaires. C’est là que la négociation se joue, pas sur la seule mensualité.
L’offre de prêt : réflexion et signature
Après accord, la banque édite l’offre de prêt. Vous la recevez par courrier. Pour un crédit immobilier, vous ne pouvez pas l’accepter avant un délai de réflexion de 10 jours francs à compter de sa réception. L’offre reste valable 30 jours minimum. Lisez chaque clause : taux, assurance, indemnité de remboursement anticipé, frais de garantie. La signature peut être électronique ou papier. Le notaire ou le courtier coordonne ensuite avec la banque.
Déblocage des fonds et finalisation
Une fois l’offre acceptée, le notaire fixe l’acte authentique. Le déblocage intervient après levée des conditions : garantie mise en place, attestation d’assurance emprunteur, parfois apport versé. La banque vire les fonds au notaire, qui paie le vendeur. Pour des travaux, le déblocage se fait souvent par tranches sur présentation de factures ou d’un état d’avancement. Comptez généralement 4 à 8 semaines entre l’accord et le déblocage, et 2 à 3 mois pour l’ensemble du dossier. La première échéance tombe le mois suivant, sauf différé. Conservez l’offre, le tableau d’amortissement et les conditions d’assurance : ce sont vos références en cas de renégociation ou de rachat.
Risques et protection de l’emprunteur
Crédit variable : mesurer le risque avant de signer
Un crédit immobilier à taux variable n’est pas dangereux en soi, mais il le devient si vous ne regardez que la mensualité initiale. Sur un prêt de 200 000 € sur 20 ans, un taux qui passe de 3 % à 4,5 % augmente la mensualité d’environ 150 €, soit 1 800 € par an — et près de 36 000 € sur la durée si le taux reste haut. Trois éléments à vérifier avant de signer : la durée du palier (1, 3, 5 ou 10 ans), l’index de référence (Euribor, OAT) et surtout le plafond de variation, le fameux « cap ». Un capé +1 ou +1,5 point limite la casse ; un variable à cap élevé peut faire exploser votre budget. Depuis 2016, un taux variable non plafonné est interdit sur un crédit immobilier, mais le plafond contractuel peut rester très haut. Exigez la simulation « scénario défavorable » prévue par le contrat.
Surendettement : le seuil des 35 % n’est pas un feu vert
Le taux d’endettement de 35 % (assurance comprise) reste la référence des banques. Il ne dit rien de votre reste à vivre : un ménage qui gagne 3 500 € et rembourse 1 200 € vit correctement à Lille, difficilement à Paris. Calculez votre reste à vivre après crédit, charges fixes et impôts. Signaux d’alerte : crédits conso en cours, découverts répétés, épargne de précaution inférieure à trois mois de charges. En cas de coup dur — chômage, divorce, maladie —, la commission de surendettement de la Banque de France peut être saisie gratuitement. Elle peut rééchelonner les dettes, réduire les taux, voire en effacer une partie. Anticiper vaut toujours mieux que subir.
Rétractation et résiliation : les délais à connaître
Vous disposez d’un délai de rétractation de 10 jours francs après acceptation de l’offre de prêt (article L313-34 du Code de la consommation). L’offre doit rester valable 30 jours minimum. Ce délai protège le crédit, pas l’assurance emprunteur. Côté assurance, la loi Lemoine (2022) autorise le changement de contrat à tout moment, sans attendre la date anniversaire, pour un prêt signé depuis 2017. La délégation d’assurance est possible dès la demande : c’est souvent là que se joue l’économie, de 5 000 à 15 000 € sur un prêt de 250 000 €. Pensez à notre guide de la délégation d’assurance pour comparer.
Protection légale : ce que le consommateur peut exiger
Les lois Scrivener (1979), Lagarde (2010) et Hamon (2014) encadrent l’information : TAEG obligatoire, échéancier détaillé, information annuelle du coût du crédit, délai de réflexion de 10 jours avant acceptation. La loi Lemoine a ajouté la résiliation infra-annuelle de l’assurance et la suppression du questionnaire de santé pour les prêts de moins de 200 000 € remboursés avant les 60 ans de l’emprunteur. En cas de litige, le médiateur de la banque ou le CCSF peuvent être saisis gratuitement. Ces protections ne s’activent que si vous les connaissez : lisez les conditions générales, pas seulement la proposition commerciale.
Assurance décès-invalidité : le cœur de la protection
L’assurance emprunteur n’est pas toujours obligatoire, sauf clause bancaire. Elle protège vos coemprunteurs et vos proches en cas de décès, PTIA (perte totale et irréversible d’autonomie), invalidité ou incapacité de travail. Vérifiez le taux de couverture (100 % ou 70/30 entre coemprunteurs), les exclusions et surtout le TAEG global : une assurance moins chère mais mal couvrante coûte plus cher en cas de sinistre. Comparez toujours à garanties équivalentes, jamais sur la seule cotisation mensuelle.
Conseils pour optimiser votre crédit immobilier
Un crédit immobilier ne se juge pas à sa mensualité. Deux offres à 1 160 €/mois peuvent cacher 15 000 € d’écart sur le coût total. Mon premier réflexe : comparer les TAEG, l’assurance emprunteur et les frais annexes.
Mettez au moins trois banques en concurrence
Déposez le même dossier, avec le même apport et la même durée, auprès de plusieurs établissements : banque traditionnelle, banque en ligne, courtier. Comparez ligne par ligne :
- le taux nominal et surtout le TAEG ;
- les frais de dossier, souvent entre 500 € et 1 500 €, parfois négociables à 0 € ;
- la garantie : caution ou hypothèque, avec des frais différents ;
- l’assurance emprunteur, dont le taux peut varier de 0,15 % à 0,60 % du capital selon l’âge et l’état de santé. À titre d’exemple, sur 250 000 € empruntés sur 20 ans, 0,10 point de TAEG en plus représente souvent 2 500 € à 3 500 € de coût supplémentaire. Ne signez jamais la première proposition.
Faites appel à un courtier en crédit immobilier
Un courtier négocie pour vous et connaît les critères réels des banques. Il peut présenter votre dossier à 10 ou 20 établissements, gagner du temps et obtenir des conditions réservées. Ses honoraires varient souvent de 0,5 % à 1 % du montant emprunté, avec un minimum de 500 € à 1 500 €, parfois payés uniquement en cas de succès. La question n’est pas « courtier ou pas ? », mais « son intervention me fait-elle économiser plus que son coût ? ». Si votre profil est complexe — indépendant, revenus variables, apport limité —, son utilité est encore plus forte.
Négociez les taux et conditions
Demandez toujours une offre écrite, puis faites jouer la concurrence. Vous pouvez négocier :
- le taux nominal : une baisse de 0,10 à 0,25 point est possible selon votre profil ;
- les frais de dossier ;
- l’assurance emprunteur, via la délégation. Sur 250 000 € sur 20 ans, passer d’un taux d’assurance de 0,34 % à 0,15 % peut économiser environ 9 500 € ;
- la garantie et les indemnités de remboursement anticipé. Un bon dossier, avec 10 à 20 % d’apport et un taux d’endettement maîtrisé, se négocie mieux.
Évaluez la durée optimale
Comparons 200 000 € à 3,5 % :
- 15 ans : environ 1 430 €/mois, près de 57 000 € d’intérêts ;
- 20 ans : environ 1 160 €/mois, près de 78 000 € d’intérêts ;
- 25 ans : environ 1 000 €/mois, près de 100 000 € d’intérêts. Allonger réduit la mensualité, mais augmente fortement le coût total. Raccourcir est intéressant si vous gardez une marge de sécurité. Vérifiez aussi que la durée colle à votre horizon : revente, retraite, évolution de revenus.
Prévoyez le remboursement anticipé
Si vous vendez ou héritez, vous rembourserez peut-être par anticipation. Vérifiez les IRA : elles sont souvent plafonnées à 3 % du capital restant ou à 6 mois d’intérêts, le montant le plus faible étant retenu. Exemple : 100 000 € restants à 3,5 % donnent 1 750 € pour 6 mois d’intérêts, contre 3 000 € pour 3 %, donc 1 750 €. Négociez leur réduction, voire leur suppression. Renseignez-vous aussi sur le remboursement partiel : un minimum contractuel de 10 % du capital initial est fréquent.
Optimiser votre crédit immobilier, c’est comparer, négocier et vérifier chaque ligne. Un gain de 0,20 point de TAEG peut représenter plusieurs milliers d’euros sur la durée.
En résumé
- Raisonnez systématiquement en TAEG et en coût total, pas seulement en mensualité, car une durée plus longue peut baisser la mensualité mais augmenter fortement les intérêts payés.
- Négociez le taux, l’assurance, les frais de dossier et la modularité des échéances, et comparez plusieurs propositions au lieu d’accepter la première offre.
- Prévoyez un apport de 10 à 20 % du prix, frais de notaire inclus, et choisissez un taux fixe si vous voulez sécuriser mensualité et TAEG sur toute la durée.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un crédit immobilier ?
C'est un prêt à long terme pour financer l'achat d'un bien — résidence principale, secondaire ou investissement locatif — ou, dans certains cas, des travaux. La banque avance un capital remboursé par mensualités avec intérêts, et il est garanti par le bien lui-même.
Quelle différence entre taux fixe et taux variable ?
Avec un taux fixe, la mensualité et le TAEG sont connus à l'avance pour toute la durée. Avec un taux variable, le taux est révisé selon un index (Euribor, TEC 10), avec un taux initial souvent plus bas mais un coût total qui peut augmenter.
Quel est le taux d'endettement maximum pour un crédit immobilier ?
La capacité d'endettement est généralement plafonnée à 35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise. La banque regarde aussi l'apport, la stabilité professionnelle et l'épargne résiduelle.
Quel apport faut-il pour acheter un bien immobilier ?
Comptez 10 à 20 % du prix, frais de notaire inclus : 7 à 8 % dans l'ancien et 2 à 3 % dans le neuf. Un apport solide reste votre meilleur levier de négociation.
Qu'est-ce qu'un prêt relais ?
C'est un prêt qui permet d'acheter avant d'avoir vendu : la banque avance généralement 60 à 70 % de la valeur du bien à vendre, sur 12 à 24 mois. Son TAEG est plus élevé qu'un prêt classique (4,5 % à 6 %).