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Crédit et Emprunt

Rachat de crédit : le guide complet

Fabrice Lemoine
Fabrice Lemoine, Courtier en crédit & assurance
Publié le 9 octobre 2026 · 18 min de lecture
Rachat de crédit : le guide complet
L'essentiel

Le rachat de crédit, ou regroupement de crédits, consiste à solder un ou plusieurs prêts en cours en contractant un nouveau prêt unique, généralement d’une durée plus longue, afin de réduire la mensualité et de simplifier la gestion budgétaire. Il peut faire baisser la mensualité de 20 à 30 %, mais il allonge souvent la durée de remboursement et augmente mécaniquement le coût total des intérêts et de l’assurance. Il faut donc comparer le TAEG du nouveau prêt au TAEG moyen pondéré des crédits actuels et chercher à réduire le coût total du crédit, ou à défaut à le maîtriser, plutôt que de raisonner uniquement en termes de mensualité.

Qu’est-ce qu’un rachat de crédit ?

Le rachat de crédit, également appelé regroupement de crédits, consiste à solder un ou plusieurs prêts en cours (immobilier, consommation, auto, travaux, cartes de crédit) en contractant un nouveau prêt unique. Ce nouveau financement, généralement d’une durée plus longue, permet de réduire le montant de la mensualité et de simplifier la gestion budgétaire. En tant que courtier, je vous invite toutefois à ne jamais raisonner uniquement en termes de mensualité : l’objectif est de réduire le coût total du crédit, ou à défaut de le maîtriser. Un rachat de crédit peut faire baisser votre mensualité de 20 à 30 %, mais s’accompagne souvent d’un allongement de la durée de remboursement, ce qui augmente mécaniquement le coût total des intérêts et de l’assurance. Le TAEG du nouveau prêt doit donc être comparé au TAEG moyen pondéré de vos crédits actuels.

Le principe du regroupement de crédits

Concrètement, un établissement (banque ou organisme spécialisé) rembourse à votre place les anciens prêts. Vous ne devez plus qu’une seule mensualité à un seul prêteur. Cette solution est souvent envisagée lorsque les remboursements pèsent trop lourdement sur le budget mensuel ou lorsque le nombre d’échéances devient difficile à gérer. Par exemple, si vous remboursez actuellement 650 € par mois pour trois crédits (auto, travaux, renouvelable), un rachat peut ramener cette mensualité à 450 € sur une durée plus longue. Mais attention : sur 10 ans, le coût total des intérêts peut être supérieur de plusieurs milliers d’euros par rapport à la situation initiale.

Rachat de crédit ou renégociation : ne pas confondre

Ces deux opérations sont souvent confondues, à tort :

  • La renégociation consiste à négocier avec votre banque actuelle les conditions d’un crédit existant (taux, durée, assurance). Aucun nouveau prêt n’est souscrit. Elle concerne généralement un seul crédit, le plus souvent immobilier.
  • Le rachat de crédit implique la souscription d’un nouveau prêt qui solde un ou plusieurs crédits. Il peut être réalisé auprès de votre banque ou d’un nouvel établissement. Il permet de regrouper des crédits de nature différente et de modifier la durée globale.

La renégociation est adaptée si vous avez un seul crédit et que vous souhaitez obtenir un meilleur taux. Le rachat de crédit s’adresse plutôt à des emprunteurs multi-crédits ou confrontés à une baisse de revenus.

Qui peut bénéficier d’un rachat de crédit ?

Le rachat de crédit est ouvert à de nombreux profils, sous conditions :

  • Les particuliers ayant plusieurs crédits en cours : crédits conso, auto, travaux, cartes de crédit, prêts personnels, etc.
  • Ceux dont le taux d’endettement dépasse 35 % (le seuil généralement admis par les banques), avec une capacité de remboursement insuffisante.
  • Les personnes souhaitant financer un projet (travaux, achat immobilier) tout en restructurant leurs dettes.
  • Les emprunteurs en situation de fragilité : baisse de revenus, séparation, chômage partiel, etc. Un rachat peut alors éviter le surendettement, à condition d’être accompagné par un professionnel.

Il faut toutefois remplir certains critères : revenus stables et réguliers, absence de fichage FICP (Fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers), et capacité à assumer la nouvelle mensualité. Le rachat de crédit n’est pas une solution miracle : il doit s’inscrire dans une démarche de maîtrise budgétaire. Un courtier peut vous aider à évaluer l’opportunité réelle en comparant le TAEG et le coût total, et non simplement la mensualité.

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Types de crédits éligibles au rachat

Un rachat de crédit peut intégrer une grande variété de financements, mais tout n’est pas rachetable. La règle : le nouveau prêteur rembourse vos créanciers, puis vous ne remboursez plus qu’un seul emprunt. Encore faut-il que les dettes soient identifiées, chiffrées et acceptées. Tous les prêts ne se valent pas : un prêt réglementé ou une dette fiscale ne se traitent pas comme un crédit auto.

Crédits conso et immo : le cœur du rachat

  • Crédits à la consommation : prêt personnel, crédit auto/moto, travaux, trésorerie, crédit renouvelable, carte de magasin, découvert autorisé. Les revolving sont souvent ciblés car leurs TAEG dépassent fréquemment 15-20 %.
  • Crédits immobiliers : prêt principal, prêt travaux, prêt relais, prêt employeur. Les prêts aidés (PTZ, prêt conventionné) sont rarement intégrés dans le nouveau prêt : vous perdriez leur taux zéro ou leur avantage fiscal. On les rembourse souvent par anticipation ou on les laisse en rang 2.
  • Prêts professionnels : parfois, si la banque accepte et si le dossier est mixte. Mais plus complexe.

Regrouper plusieurs crédits en une seule fois

Un rachat de crédit peut solder simultanément plusieurs crédits de nature différente : immo, auto, revolving, travaux, découvert. L’intérêt est de passer à une seule mensualité, un seul interlocuteur et un seul taux. Mais l’opération doit être pilotée par le TAEG et le coût total, pas par la mensualité.

Prenons un dossier : 150 000 € de capital restant dû en immobilier à 3,5 % sur 15 ans, plus 15 000 € auto à 6,5 % sur 5 ans, plus 6 000 € revolving à 19 % et 2 000 € carte à 21 %. La mensualité totale approche 1 575 €. Un rachat à 4,2 % sur 20 ans la ramène à environ 1 145 €. Mais le coût total des intérêts peut passer d’environ 50 000 € à plus de 100 000 € si l’on allonge fortement. À l’inverse, remplacer un revolving à 19 % par un prêt à 5 % sur 10 ans réduit souvent le coût total. D’où l’analyse TAEG/coût total, assurance incluse.

Dettes non bancaires et arriérés : possible, sous conditions

  • Dettes non bancaires : impôts, URSSAF, charges de copropriété, loyers impayés, factures d’énergie, frais de santé. Elles peuvent être intégrées si le créancier accepte d’être remboursé par l’opération et si le prêteur les considère comme des créances rachetables. Ce n’est jamais automatique.
  • Arriérés : un rachat de crédit peut les solder, mais pas les effacer. Vous devez souvent régulariser les échéances les plus récentes, fournir un plan clair, et accepter un taux plus élevé ou une garantie (caution, hypothèque). Si un dossier de surendettement est en cours, l’accord de la Banque de France est requis.
  • Délais : comptez 4 à 8 semaines entre l’accord et le déblocage, car il faut obtenir les décomptes de chacun des créanciers. Les frais de dossier, de garantie et d’acte notarié éventuel s’ajoutent au coût total.

En pratique, plus les dettes sont bancaires et anciennes, plus le rachat de crédit est simple. Plus elles sont non bancaires, récentes ou déjà en retard, plus le dossier demande de la négociation, des justificatifs et de la transparence sur le coût global. Comparez au moins deux offres et vérifiez le TAEG, l’assurance emprunteur et le coût total avant de signer.

Avantages et inconvénients du rachat de crédit

Un allègement immédiat de la mensualité

C’est le premier argument que l’on entend, et il est réel. Regrouper plusieurs crédits en un seul permet souvent de faire chuter la mensualité, parce qu’on étale la dette sur une durée plus longue et qu’on applique un taux unique, négocié, plus bas que la moyenne de vos crédits actuels.

Prenons un cas concret. Vous remboursez un prêt auto (reste 8 000 € sur 3 ans), deux crédits renouvelables (14 000 € au total, TAEG autour de 18 %) et un prêt personnel (12 000 € sur 4 ans). Soit environ 1 150 € de mensualités cumulées. Après rachat sur 10 ans à un TAEG de 7 % (profil standard, hors assurance), la mensualité tombe aux alentours de 400 €. Vous récupérez plus de 700 € de pouvoir d’achat chaque mois. Pour un ménage qui frôle le découvert, ce n’est pas un détail : c’est souvent ce qui évite le dépôt de dossier de surendettement.

À retenir : l’effet est immédiat, mais il dépend surtout de la durée choisie. Plus vous allongez, plus la mensualité baisse — et plus la facture finale grimpe (voir plus bas).

Une gestion administrative simplifiée

Avant : quatre prélèvements à des dates différentes, quatre interlocuteurs, quatre échéanciers à surveiller. Après : une seule mensualité, une seule date, un seul contrat, un seul service client.

Concrètement, cela vous apporte :

  • Moins de risque d’impayé : un oubli ou un découvert sur un compte suffit à déclencher des frais de rejet (20 à 30 € par incident) et à dégrader votre scoring bancaire.
  • Une visibilité claire : vous savez exactement quand vous serez libéré, au lieu de jongler avec des fins de contrats échelonnées.
  • Un levier de négociation : un dossier unique se renégocie plus facilement qu’une mosaïque de crédits, notamment sur l’assurance ou en cas de coup dur (report d’échéances, modulation).

En contrepartie : un coût total souvent plus élevé

C’est le point sur lequel je m’attarde toujours en rendez-vous, car c’est là que les emprunteurs se font piéger. Baisser la mensualité ne veut pas dire payer moins cher. Dans l’exemple ci-dessus, sur 10 ans vous rembourserez environ 48 000 € pour 34 000 € empruntés, soit près de 14 000 € d’intérêts et frais. En gardant vos crédits actuels jusqu’à leur terme, la facture aurait été nettement inférieure en euros.

Trois mécanismes expliquent cet écart :

  • L’allongement de la durée : chaque mois supplémentaire, ce sont des intérêts supplémentaires. Passer de 4 à 10 ans peut augmenter le coût total de 40 à 80 % selon les taux.
  • Les frais du nouveau montage : frais de dossier (souvent 500 à 1 500 €), indemnités de remboursement anticipé sur les crédits soldés (jusqu’à 3 % du capital restant), et surtout l’assurance emprunteur, qui peut représenter 20 à 40 % du coût total du crédit.
  • L’effet rebond : le pouvoir d’achat récupéré peut inciter à reprendre un crédit conso. Dans ce cas, la dette initiale n’est pas réglée, elle est reportée.

Le bon réflexe : comparez toujours les deux lignes qui comptent — le TAEG et le coût total du crédit. Une mensualité de 400 € sur 10 ans peut coûter bien plus cher qu’une mensualité de 700 € sur 4 ans. Le rachat de crédit est un outil de trésorerie, pas systématiquement une économie.

Critères et conditions d’acceptation

Stabilité financière : ce que l’organisme regarde en premier

Avant même de parler taux, un prêteur cherche à savoir si votre situation tiendra dans le temps. Le raisonnement est simple : un rachat de crédit engage la banque sur 7 à 12 ans en moyenne, parfois jusqu’à 20 ans. Elle veut donc limiter le risque d’impayé.

Concrètement, elle examine :

  • La nature du contrat de travail : un CDI hors période d’essai reste la référence. Un CDD, une mission d’intérim ou une activité d’indépendant ne sont pas rédhibitoires, mais exigent plus d’ancienneté.
  • L’ancienneté : comptez généralement 12 mois dans l’entreprise actuelle et 2 à 3 ans dans le secteur d’activité pour les profils indépendants ou en contrat précaire.
  • La régularité des revenus : salaire net mensuel, primes récurrentes, revenus locatifs, pensions. Les revenus exceptionnels (prime annuelle, heures supplémentaires ponctuelles) sont souvent écartés du calcul.
  • La composition du foyer : deux revenus stables pèsent plus lourd qu’un seul, même élevé.

Le taux d’endettement maximal : un plafond à 35 %

C’est la règle de référence recommandée par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) : le taux d’endettement ne doit pas dépasser 35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise. Ce ratio rapporte l’ensemble de vos charges de crédit à vos revenus nets mensuels.

Exemple : un foyer qui perçoit 3 200 € net par mois peut supporter environ 1 120 € de mensualités totales. Si ses crédits actuels (auto, conso, cartes) représentent 1 400 €, le rachat devient difficile sans apport ou co-emprunteur.

Au-delà de ce ratio, la banque regarde aussi le reste à vivre : la somme qui reste une fois logement, crédits et charges fixes payés. En dessous de 700 à 800 € pour une personne seule, le dossier est fragile.

Le profil de risque vu par le prêteur

Chaque organisme applique un scoring : une note qui agrège des dizaines de critères. Un rachat de crédit étant souvent destiné à réunir des dettes, le prêteur est particulièrement attentif à l’origine de l’endettement.

Les signaux qui font baisser la note :

  • Découverts répétés et non régularisés dans les 3 derniers mois
  • Rejets de prélèvement, frais bancaires élevés
  • Crédits renouvelables (réserves d’argent) utilisés au maximum
  • Absence d’épargne résiduelle
  • Inscription au FICP (fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers)

À l’inverse, un compte tenu avec une épargne de précaution (même 2 000 à 3 000 €) et des soldes positifs rassure.

Solvabilité et historique bancaire

La solvabilité n’est pas qu’un calcul : c’est une preuve de comportement. Le prêteur analyse en général les 6 à 12 derniers mois de relevés de tous vos comptes. Il vérifie que vos charges déclarées correspondent à la réalité et qu’aucune dette cachée n’apparaît.

Un historique sans incident, avec des remboursements honorés à l’heure, ouvre la porte aux meilleures conditions. À l’inverse, un fichage FICP actif bloque la plupart des dossiers — sauf clôture préalable et régularisation, justificatifs à l’appui.

Enfin, sachez qu’une banque refuse rarement pour un seul motif. Un apport, un co-emprunteur ou la reprise d’un crédit immobilier dans l’opération permettent souvent de rétablir l’équilibre du dossier.

Processus et démarches du rachat de crédit

Un rachat de crédit ne s’improvise pas. Contrairement à une demande de prêt classique, il s’agit de remplacer plusieurs contrats existants par un seul, ce qui implique un montage rigoureux. Votre courtier doit obtenir des accords de solde de chaque créancier et convaincre la nouvelle banque. Voici comment se déroule concrètement le processus.

Constituer un dossier solide, la première étape clé

Pour un rachat de crédit, la banque exige un dossier plus complet que pour un prêt immobilier standard. Préparez :

  • Pièce d’identité et justificatif de domicile de moins de 3 mois.
  • 3 derniers bulletins de salaire, 2 derniers avis d’imposition.
  • 3 derniers relevés bancaires de tous vos comptes (même ceux sans crédit).
  • Tableaux d’amortissement de chaque crédit à racheter : prêt immobilier, crédit auto, crédit conso, carte de magasin, découvert permanent…
  • Justificatifs de charges : loyer, pension alimentaire, garde d’enfants, impôts.
  • Attestations de solde des crédits concernés, à demander à vos créanciers.

N’omettez aucun petit crédit revolving : même 500 € restants pèsent dans le calcul du taux d’endettement. Un dossier incomplet rallonge l’instruction de 10 à 15 jours.

Instruction et délai de réponse : ce que vous pouvez attendre

Une fois le dossier complet déposé, comptez en moyenne 3 à 6 semaines pour recevoir une offre. Les banques annoncent parfois 15 jours, mais c’est rare. L’instruction se déroule en plusieurs temps :

  1. Analyse par le service rachat de crédit.
  2. Éventuelle demande de pièces complémentaires.
  3. Accord de principe, puis édition de l’offre de prêt.

Pour un rachat de crédit immobilier, vous disposez d’un délai légal de réflexion de 10 jours après réception de l’offre. Pour un rachat de crédits à la consommation, c’est un délai de rétractation de 14 jours. Si aucune réponse sous 15 jours, relancez votre courtier et exigez un point d’étape écrit.

Signature et mise en place : l’argent ne circule pas immédiatement

Après acceptation de l’offre, le déblocage des fonds prend généralement 7 à 15 jours. Le nouveau prêteur rembourse directement vos anciens créanciers. Vous ne verrez pas l’argent sur votre compte : c’est un virement interbancaire.

Attention aux indemnités de remboursement anticipé (IRA) : elles sont souvent de 3 % du capital restant dû ou de 6 mois d’intérêts, avec un plafond. Votre courtier peut négocier une exonération partielle ou totale, surtout si le nouveau prêteur est une banque avec laquelle il travaille régulièrement.

Avant de signer, vérifiez le TAEG et le coût total. Exemple : pour 50 000 € rachetés sur 7 ans à 4,5 % TAEG, le coût total avoisine 8 500 €. Comparez avec la somme des mensualités que vous payez aujourd’hui. Après signature, contrôlez que chaque ancien crédit est bien soldé et conservez les attestations de solde.

Coûts et frais associés

Avant de signer votre rachat de crédit, mettez tous les frais sur la table. Un bon courtier ne vous parle pas de mensualité, mais de TAEG et de coût total. Voici les postes à scruter.

Frais de dossier et frais de garantie

Les frais de dossier d’un rachat de crédit varient généralement entre 300 € et 1 500 €. Ils sont souvent négociables, surtout si vous regroupez plusieurs prêts. Attention : même s’ils peuvent être financés (intégrés au nouveau capital), cela augmente mécaniquement les intérêts payés.

La garantie représente un poste plus lourd. Pour un prêt de 200 000 €, une caution mutuelle type Crédit Logement coûte environ 1 à 2 % du capital, soit 2 000 à 4 000 €. Une hypothèque classique ajoute les frais de notaire (environ 1,5 à 2 % plus émoluments). Dans un rachat de crédit, il faut souvent remplacer la garantie existante : vérifiez les frais de mainlevée et négociez la délégation d’assurance pour alléger la facture.

Pénalités de remboursement anticipé des anciens crédits

Rembourser par anticipation vos anciens prêts peut déclencher des indemnités (IRA). Pour un crédit immobilier, la loi plafonne ces pénalités : 3 % du capital restant dû ou 6 mois d’intérêts, au plus faible. Exemple : capital restant de 100 000 € à 2 % – 6 mois d’intérêts = 1 000 €, 3 % = 3 000 €. Vous payez donc 1 000 €.

Pour les crédits à la consommation, les IRA sont souvent de 1 % du capital restant dû, et nulles si le solde est inférieur à 10 000 €. Certains contrats prévoient même une exonération totale. Lisez les conditions générales de chaque prêt repris. Ces pénalités s’ajoutent au coût du rachat de crédit, mais certains prêteurs les prennent en charge commercialement… en contrepartie d’un taux plus élevé. Calculez l’économie réelle.

Impact du taux d’intérêt sur le coût total

Le taux nominal ne dit pas tout : le TAEG intègre les frais de dossier, de garantie et d’assurance. Une différence de 0,5 % sur un prêt de 200 000 € sur 20 ans représente environ 11 500 € d’intérêts supplémentaires. Dans un rachat de crédit, allonger la durée réduit la mensualité mais peut augmenter le coût total. Exemple : des crédits conso à 7 % sur 5 ans rachetés à 5 % sur 10 ans font baisser la mensualité, mais le total remboursé peut être supérieur.

Négociez donc le taux, mais aussi les frais. Demandez plusieurs simulations et comparez les TAEG, pas les mensualités. Exigez toujours le coût total et le tableau d’amortissement avant de vous engager.

Régulation et protection du consommateur

Un cadre législatif qui protège l’emprunteur

En matière de crédit, vous n’êtes jamais seul face au prêteur. Le Code de la consommation impose aux banques et aux établissements financiers un ensemble d’obligations précises, renforcées au fil des lois Scrivener (1979), Lagarde (2010) et Hamon (2014). Concrètement, avant toute signature — y compris dans une opération de rachat de crédit — le prêteur doit :

  • vous remettre une FISE (fiche d’information standardisée européenne) récapitulant le TAEG, le coût total, le montant des échéances et les assurances ;
  • vérifier votre solvabilité via la consultation du FICP (Fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers) et l’analyse de vos revenus ;
  • respecter le taux d’usure, plafond légal révisé chaque trimestre par la Banque de France. Au-delà, l’offre est illégale et le prêteur encourt l’amende et la déchéance du droit aux intérêts ;
  • vous délivrer un conseil personnalisé argumenté, traçable et gratuit, mentionnant plusieurs solutions comparées.

Autrement dit, une offre de rachat de crédit bâclée ou signée dans la précipitation est un signal d’alerte. Exigez systématiquement le TAEG, pas seulement la mensualité.

Rétractation et réflexion : deux délais à ne pas confondre

Deux mécanismes distincts coexistent et protègent votre consentement :

  • Le délai de réflexion (crédit immobilier, dont rachat avec garantie hypothécaire) : vous ne pouvez accepter l’offre qu’à l’expiration d’un délai de 10 jours à compter de sa réception. Aucun versement, même partiel, n’est possible avant.
  • Le droit de rétractation (crédit à la consommation et rachat sans hypothèque, type prêt personnel regroupé) : vous disposez de 14 jours calendaires après signature pour revenir sur votre engagement, sans motif ni pénalité, via le formulaire détachable joint à l’offre. Un simple courrier recommandé suffit.

Cette distinction est cruciale en rachat de crédit : selon que le nouveau prêt est immobilier ou consommation, votre fenêtre de retour n’est pas la même. Vérifiez-la noir sur blanc dans l’offre.

L’ACPR et les recours en cas de litige

L’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution), rattachée à la Banque de France, supervise banques, assurances et intermédiaires comme moi — immatriculés ORIAS. Elle contrôle le respect des obligations ci-dessus et peut sanctionner un professionnel. En cas de désaccord, la procédure est graduée :

  1. Réclamation écrite auprès du service client du prêteur : réponse sous 10 jours ouvrables, puis 2 mois maximum pour une réponse définitive.
  2. Saisine du médiateur compétent (médiateur de votre banque ou de l’ASF pour les intermédiaires) : gratuit, sous un an, sans renoncer à un recours judiciaire.
  3. Signalement à l’ACPR si vous suspectez une pratique abusive (démarchage agressif, frais non annoncés, taux d’usure dépassé).
  4. Tribunal en dernier ressort, avec possibilité de dommages-intérêts.

Dans un dossier de rachat de crédit, contestez par écrit tout écart entre l’offre acceptée et le contrat définitif : c’est un motif fréquent de litige gagné par l’emprunteur. Gardez traces de tous les échanges et n’hésitez pas à faire relire vos documents par un courtier indépendant.

En résumé

  • Comparez le TAEG du nouveau prêt au TAEG moyen pondéré de vos crédits actuels et analysez le coût total, assurance incluse, avant de choisir un rachat de crédit.
  • Un rachat de crédit peut regrouper plusieurs crédits de nature différente, mais les prêts aidés comme le PTZ sont rarement intégrés afin de ne pas perdre leur taux zéro ou leur avantage fiscal.
  • Le rachat de crédit s’adresse notamment aux emprunteurs multi-crédits ou en situation de fragilité, sous conditions de revenus stables, d’absence de fichage FICP et de capacité à assumer la nouvelle mensualité, avec l’aide possible d’un courtier.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un rachat de crédit ?

Le rachat de crédit, ou regroupement de crédits, consiste à solder un ou plusieurs prêts en cours en contractant un nouveau prêt unique. Il permet de réduire la mensualité et de simplifier la gestion budgétaire, mais allonge souvent la durée et augmente le coût total.

Quelle est la différence entre rachat de crédit et renégociation ?

La renégociation consiste à négocier avec votre banque les conditions d'un crédit existant, sans nouveau prêt. Le rachat de crédit implique la souscription d'un nouveau prêt qui solde un ou plusieurs crédits et peut regrouper des crédits de nature différente.

Quels crédits peuvent être regroupés dans un rachat de crédit ?

Un rachat peut intégrer des crédits à la consommation, immobiliers ou parfois professionnels, ainsi que des dettes non bancaires sous conditions. Les prêts aidés comme le PTZ ou le prêt conventionné sont rarement intégrés pour ne pas perdre leur taux zéro ou leur avantage fiscal.

Qui peut bénéficier d'un rachat de crédit ?

Il s'adresse aux particuliers ayant plusieurs crédits en cours, à ceux dont le taux d'endettement dépasse 35 %, aux personnes souhaitant financer un projet ou aux emprunteurs en situation de fragilité. Il faut généralement des revenus stables, ne pas être fiché FICP et pouvoir assumer la nouvelle mensualité.

Le rachat de crédit est-il toujours intéressant ?

Non, il peut réduire la mensualité de 20 à 30 %, mais l'allongement de la durée augmente souvent le coût total des intérêts et de l'assurance. Il faut comparer le TAEG du nouveau prêt au TAEG moyen pondéré des crédits actuels et analyser le coût total, pas seulement la mensualité.

⚠️ Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision engageant votre situation.
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Courtier en crédit & assurance

Fabrice Lemoine est Courtier en crédit & assurance. Courtier immatriculé à l'ORIAS (IOBSP et intermédiaire en assurance) ; 10 ans d'accompagnement d'emprunteurs ; raisonne toujours en TAEG et coût total, pas en mensualité seule.. Spécialités : Crédit Immobilier (Taux, Apport, Capacité D'Emprunt), Assurance Emprunteur Et Délégation, Rachat Et Renégociation De Crédit.

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