Vos finances personnelles, expliquées simplement À proposNotre méthode Auteurs Newsletter
Retraite et Prévoyance

Retraite complémentaire : le guide complet

Claire Fontaine
Claire Fontaine, Conseillère en gestion de patrimoine (CGP)
Publié le 9 octobre 2026 · 18 min de lecture
Retraite complémentaire : le guide complet
L'essentiel

La retraite complémentaire regroupe les régimes obligatoires qui versent une seconde pension en plus du régime de base, notamment l'Agirc-Arrco pour les salariés du privé, via des points convertis en euros et versés à vie. Elle est importante car elle représente en général 20 à 30 % de la retraite totale d'un salarié du privé et conditionne directement le niveau de vie à la retraite.

Qu’est-ce que la retraite complémentaire ?

Une pension qui s’ajoute à celle de la base

La retraite complémentaire regroupe l’ensemble des régimes obligatoires qui versent, en plus de votre régime de base, une seconde pension. Son principe est simple : tout au long de votre carrière, une fraction de vos cotisations achète des points. À la liquidation de vos droits, ces points sont convertis en euros et versés chaque mois, à vie.

Son poids n’a rien d’anecdotique. Pour un salarié du privé, elle représente en général 20 à 30 % de la retraite totale. La seule pension de base — calculée sur les 25 meilleures années, dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale fixé à 46 368 € en 2024 — plafonne souvent autour de 13 000 à 15 000 € brut par an pour une carrière complète. Sans complémentaire, la chute de revenus à la retraite serait brutale.

Base et complémentaire : deux logiques distinctes

Les deux étages ne fonctionnent pas de la même façon :

  • La retraite de base : gérée par la CNAV pour les salariés du privé, elle se calcule en trimestres cotisés. Le montant dépend du salaire annuel moyen et d’un taux, qui peut atteindre 50 %.
  • La retraite complémentaire : via l’AGIRC-ARRCO pour les salariés du privé, elle se calcule en points. Chaque euro cotisé achète un point à un prix d’achat donné (19,6321 € en 2024) ; à la retraite, chaque point est versé selon sa valeur de service (1,4159 € en 2024).

Autrement dit, la retraite de base valorise la durée de carrière, tandis que la complémentaire valorise le niveau de rémunération.

Selon votre statut, une affiliation qui change

L’affiliation à une retraite complémentaire est obligatoire pour la quasi-totalité des actifs, mais la caisse varie :

  • Salariés du privé : AGIRC-ARRCO, cotisation prélevée automatiquement sur chaque bulletin de paie.
  • Indépendants, artisans, commerçants : régime géré par la SSI depuis 2020.
  • Professions libérales : caisses dédiées selon le métier (CIPAV, CARMF, etc.).
  • Fonctionnaires : RAFP, alimentée par les primes et indemnités.

En revanche, aller au-delà de ces régimes obligatoires relève de votre initiative : PER, assurance-vie, épargne. Aucune obligation, mais un intérêt fiscal réel à saisir.

Un pilier du système par répartition

Tout repose sur la répartition : les cotisations des actifs d’aujourd’hui financent les pensions des retraités d’aujourd’hui. Ce modèle est solidaire, mais sensible au rapport entre cotisants et retraités — passé d’environ 3 pour 1 dans les années 1970 à environ 1,7 pour 1 aujourd’hui. Le rendement se tend, ce qui rend d’autant plus stratégique la connaissance de ses droits, puis l’anticipation d’une épargne retraite personnelle.

La retraite complémentaire n’est donc pas un supplément optionnel : c’est le second pilier obligatoire du système français, dont le montant conditionne directement le niveau de vie une fois à la retraite.

Sur le même sujet ma retraite

Les régimes de retraite complémentaire en France

Agirc-Arrco : un seul régime pour tous les salariés du privé

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2019, cadres, employés, techniciens et ouvriers du privé cotisent au même régime de retraite complémentaire : l’Agirc-Arrco. Il résulte de la fusion de l’AGIRC (créée en 1947 pour les cadres) et de l’ARRCO (1961, pour les non-cadres), actée par l’accord national interprofessionnel du 17 novembre 2017. Auparavant, un cadre cotisait à l’ARRCO jusqu’au plafond de la Sécurité sociale, puis à l’AGIRC au-delà : cette dualité a disparu.

Le fonctionnement reste fondé sur les points :

  • Cotisations : 7,87 % sur la tranche 1 des salaires (jusqu’à 3 864 € par mois en 2024, soit le plafond mensuel de la Sécurité sociale) et 21,59 % sur la tranche 2 (de 1 à 8 plafonds), auxquels s’ajoutent la contribution exceptionnelle et générale (CEG, 2,15 % puis 2,70 %) et, pour les cadres, la contribution exceptionnelle temporaire (CET, 0,14 %, uniquement sur la tranche 2).
  • Conversion en points : la valeur d’achat du point (part salariale) s’élève à 19,6321 € en 2024.
  • Service des points : chaque point acquis est payé à la liquidation selon la valeur de service, soit 1,4159 € au 1ᵉʳ novembre 2023, revalorisée de 1,6 % au 1ᵉʳ novembre 2024.

Le régime est paritaire — géré par les partenaires sociaux, sans subvention de l’État — et couvre près de 19 millions de cotisants et plus de 13 millions de retraités.

Indépendants, libéraux, exploitants agricoles : des régimes à part

Tous les actifs ne relèvent pas de l’Agirc-Arrco :

  • Exploitants agricoles : la MSA gère une retraite de base et une retraite complémentaire obligatoire (RCO) créée en 2003 pour les non-salariés agricoles.
  • Artisans et commerçants : rattachés au régime des indépendants (SSI depuis 2020, ex-RSI), ils cotisent à une retraite de base et à une retraite complémentaire obligatoire.
  • Professions libérales : la CNAVPL fédère une dizaine de caisses — CARMF (médecins), CARCDSF (chirurgiens-dentistes), CAVP (pharmaciens), CAVEC (experts-comptables), CNBF (avocats), CPRN (notaires)… Chacune gère retraite de base et régimes complémentaires, avec des taux de cotisation et des rendements très variables selon la profession.
  • Régimes spéciaux : clercs et employés de notaires (CRPCEN), marins (ENIM), etc.

Une unification progressive, mais inachevée

  • Fusion Agirc-Arrco (2019) : règles de cotisation et de calcul harmonisées entre cadres et non-cadres, et un compte de points unique par carrière.
  • Suppression du malus (2023) : l’abattement temporaire de 10 % appliqué pendant trois ans aux retraités partant à taux plein avant 67 ans a été supprimé pour les pensions prenant effet depuis le 1ᵉʳ décembre 2023, hors carrière longue, handicap ou inaptitude.
  • Rapprochement des régimes d’indépendants : le RSI a laissé place à la Sécurité sociale des indépendants en 2020, et la gouvernance des caisses de libéraux a été rationalisée.
  • Réforme universelle suspendue : le projet de régime universel par points annoncé en 2019 a été mis en pause en 2020 ; la réforme de 2023 a porté sur l’âge légal, non sur l’architecture des régimes.

Conséquence pratique : la France compte encore une quarantaine de régimes obligatoires. Avant toute décision, vérifiez auprès de votre caisse de rattachement le nombre de points inscrits à votre compte — c’est la base de tout calcul fiable de votre future retraite complémentaire.

Comment fonctionnent les cotisations ?

Répartition entre salarié et employeur

Pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco, la cotisation se partage entre vous et votre employeur, mais selon des proportions qui ne sont pas de 50/50. Sur la tranche 1 (part du salaire allant jusqu’à 1 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 46 368 € en 2024), le taux global est de 7,87 % : 3,15 % à votre charge et 4,72 % pour l’employeur. Sur la tranche 2 (de 1 à 8 PASS), le taux grimpe à 20,55 %, réparti en 8,64 % salarié et 11,91 % employeur.

À cela s’ajoute la cotisation d’équilibre générale (CEG), qui ne génère aucun point : 2,15 % sur la T1 et 2,70 % sur la T2. Elle finance la solidarité du régime, pas vos droits individuels.

Du salaire brut aux points

Toutes les cotisations ne créent pas de points. Seul un taux dit « contractuel » alimente votre compte : 6,20 % sur la T1 et 17,00 % sur la T2. La conversion s’opère ensuite via le salaire de référence, fixé à 20,1877 € en 2024. La formule est :

Nombre de points = (salaire brut × taux contractuel) ÷ salaire de référence

Exemple concret : un salarié rémunéré 30 000 € brut annuel, entièrement sur la T1, génère 30 000 × 6,20 % = 1 860 € de cotisation ouvrant droit. Soit 1 860 ÷ 20,1877 ≈ 92 points pour l’année.

Valeur du point et revalorisation

Vos points sont convertis en euros au moment de la liquidation. La valeur de service du point est revalorisée chaque année au 1er novembre par les partenaires sociaux. Elle était de 1,4159 € au 1er novembre 2023, portée à 1,4386 € au 1er novembre 2024 (+1,6 %). Sur 92 points annuels, cela représente 92 × 1,4386 ≈ 132 € de rente annuelle — d’où l’intérêt de cumuler des points sur l’ensemble de sa carrière.

À retenir : la revalorisation de la valeur du point suit l’inflation mais peut être inférieure, selon les accords du régime. Aucune indexation automatique n’est garantie, contrairement à ce qu’on lit parfois.

Plancher et plafond de cotisation

Deux mécanismes encadrent vos cotisations :

  • Le plafond : l’assiette T1 est strictement limitée au PASS (46 368 € en 2024). Au-delà, seules les tranches supérieures (T2, puis C) s’appliquent, avec des taux différents.
  • Le plancher (GMP) : la Garantie Minimale de Points vise les cadres. Si la cotisation calculée sur votre salaire réel est inférieure à celle assise sur un salaire de référence (45 763,92 € annuels en 2024), vous cotisez sur cette base minimale. La GMP garantit 120 points par an, quel que soit le salaire. En contrepartie, une cotisation forfaitaire s’ajoute : environ 38,72 € par mois répartis entre vous et votre employeur.

Bon à savoir : certains employeurs appliquent un « taux d’appel » supérieur au taux contractuel (jusqu’à 125 % dans certains accords anciens). Cela augmente la cotisation versée mais pas le nombre de points crédités. Lisez attentivement votre bulletin de paie pour distinguer la ligne « cotisation » de la ligne « acquisition de points ».

Droits et conditions d’accès à la retraite complémentaire

Contrairement à la retraite de base, dont les règles dépendent de votre durée d’assurance, la retraite complémentaire Agirc-Arrco fonctionne par points. Mais l’accès à ces points reste encadré par des conditions d’âge, de liquidation et de cumul qu’il faut connaître avant de monter son dossier.

Âge de départ et durée de cotisation

Il n’existe aucune durée minimale de cotisation pour ouvrir un droit à la retraite complémentaire : un seul point validé suffit. En revanche, l’âge de départ suit celui du régime de base — entre 62 et 64 ans selon votre génération depuis la réforme de 2023 — sauf carrière longue, handicap ou inaptitude.

Attention au fameux coefficient Agirc-Arrco. Si vous partez dès l’obtention du taux plein du régime de base, un abattement temporaire de 10 % (coefficient 0,90) s’applique pendant 3 ans. En décalant d’un an, vous y échappez ; de deux ou trois ans, vous décrochez une majoration définitive de 10 %, 20 % ou 30 %. Sur une pension de 2 000 € brut, trois ans de décalage représentent 600 € de plus chaque mois, à vie.

Une liquidation liée à celle de la retraite de base

Vous ne pouvez pas liquider votre retraite complémentaire avant d’avoir demandé toutes vos retraites de base obligatoires. Impossible donc de « tester » l’Agirc-Arrco en continuant à cotiser au régime général. Concrètement, déposez votre demande unique sur le portail officiel 4 à 6 mois avant la date souhaitée : le point de départ est fixé au 1er jour du mois suivant le dépôt, chaque mois d’attente étant un mois de pension perdu.

Le conjoint survivant : une réversion sans condition de ressources

Le conjoint survivant perçoit 60 % de la pension du défunt, à partir de 55 ans. Trois conditions : être marié (le PACS et le concubinage n’ouvrent aucun droit), un mariage d’au moins 2 ans avant le décès — sauf si un enfant est né du couple — et ne pas être remarié. Bonne nouvelle par rapport au régime général : aucune condition de ressources n’est exigée. En cas de divorce, l’ex-conjoint non remarié touche sa part au prorata de la durée du mariage.

Cumul emploi-retraite : quel impact ?

Depuis 2015, un retraité ayant liquidé toutes ses pensions peut reprendre une activité en cumul « total » : les revenus s’ajoutent sans plafond. Depuis le 1er septembre 2023, les cotisations versées dans ce cadre génèrent de nouveaux points Agirc-Arrco, qui ouvriront droit à une seconde pension, liquidée plus tard.

Si vous n’avez pas liquidé l’ensemble de vos régimes, vous relevez du cumul « plafonné » : la somme pension + salaires ne doit pas dépasser 160 % du SMIC brut (environ 2 830 € par mois en 2024) ou, si c’est plus favorable, votre dernier revenu d’activité. Au-delà, la retraite complémentaire est réduite, voire suspendue. L’Agirc-Arrco contrôle ce plafond chaque année : mieux vaut simuler avant de signer un nouveau contrat de travail.

Calcul et montant de la retraite complémentaire

Le montant de votre retraite complémentaire ne s’improvise pas. Il résulte d’une formule simple en apparence, mais dont chaque composante mérite votre attention. Contrairement à la retraite de base, calculée sur vos 25 meilleures années, la retraite complémentaire fonctionne par accumulation de points. Chaque euro cotisé vous rapporte des points, convertis en pension le jour de votre départ.

Des points, puis une valeur de point

La formule est limpide : pension annuelle brute = nombre de points acquis × valeur du point. Les points s’accumulent tout au long de votre carrière, en fonction de vos cotisations. Le nombre de points obtenus chaque année correspond au montant de vos cotisations divisé par la valeur d’acquisition du point (le salaire de référence). Pour le régime Agirc-Arrco, cette valeur d’acquisition était d’environ 19,63 € en 2024. Ainsi, un salarié qui cotise 100 € sur la tranche 1 de son salaire acquiert 100 / 19,63 = 5,09 points. La valeur du point, elle, est fixée annuellement par les partenaires sociaux. Au 1er novembre 2023, elle s’élevait à 1,4159 €. Si vous avez accumulé 5 000 points, votre pension annuelle brute sera de 5 000 × 1,4159 = 7 079,50 €, soit environ 590 € par mois. Ce montant s’ajoute à votre retraite de base.

Les facteurs qui font varier le montant

Plusieurs éléments influencent directement votre pension :

  • Le niveau de salaire : plus vos revenus sont élevés, plus vous cotisez, plus vous accumulez de points.
  • La durée de cotisation : chaque année travaillée compte. Une carrière complète permet d’atteindre un nombre de points plus important.
  • L’âge de départ : si vous partez à l’âge du taux plein mais avant 67 ans, un coefficient de minoration de 0,90 peut s’appliquer pendant 3 ans. À l’inverse, un départ après 67 ans ouvre droit à une majoration de 1,10 à vie.
  • Les périodes non travaillées : chômage, maladie, maternité peuvent donner lieu à des points gratuits, sous conditions.
  • Les rachats de points : vous pouvez racheter des points pour compenser une année incomplète, avec un coût et un rendement à évaluer.

Simuler en ligne pour anticiper

Pour estimer votre future retraite complémentaire, utilisez les outils officiels. Info-retraite.fr propose une estimation indicative globale qui intègre tous vos régimes. Le site de l’Agirc-Arrco vous permet de consulter votre compte individuel : nombre de points, relevé de carrière et simulateur de départ. Vous pouvez tester différents âges de départ et mesurer l’impact d’une décote ou d’une surcote. Vérifiez régulièrement votre relevé : une erreur ou une période manquante peut être corrigée.

La revalorisation annuelle des pensions

La valeur du point n’est pas figée : elle est revalorisée chaque année, généralement au 1er novembre, par les partenaires sociaux qui gèrent le régime. Cette revalorisation s’applique aux points déjà acquis et aux pensions en cours. Son objectif est de maintenir le pouvoir d’achat des retraités. Elle n’est pas automatique et dépend de la situation économique. Ces dernières années, les hausses ont varié : +4,9 % au 1er novembre 2023, puis +1,6 % au 1er novembre 2024. Ainsi, une pension de 7 079,50 € annuels bruts pourra être revalorisée chaque année. Gardez en tête que cette revalorisation ne compense pas toujours l’inflation, ce qui peut éroder progressivement le pouvoir d’achat de votre retraite complémentaire.

Optimiser sa retraite complémentaire

Le rachat de points : une opportunité à évaluer

Le rachat de points de retraite complémentaire permet de compenser des périodes incomplètes (années d’études, chômage, stages, temps partiel). Pour le régime Agirc-Arrco, le coût d’achat d’un point était de 20,56 € en 2024, pour une valeur de service de 1,4159 €. Le rendement brut est donc d’environ 6,9 % par an. Concrètement, racheter 100 points coûte 2 056 € et génère une rente annuelle de 141,59 €. Le coût est majoré selon l’âge : comptez environ +25 % à 40 ans, +50 % à 50 ans. Les sommes versées sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite de 10 % de vos revenus professionnels (plafond global de 8 PASS). Avant de vous lancer, vérifiez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr.

Les dispositifs d’épargne complémentaire : PERCO et PER

Le PERCO a été remplacé par le PER d’entreprise collectif. Il permet de placer intéressement, participation, abondement de l’employeur et versements volontaires. L’abondement est limité à 8 % du PASS, soit environ 3 700 € en 2024. Le PER individuel offre une déduction fiscale des versements, dans la limite de 10 % de vos revenus professionnels (8 PASS maximum). À la sortie, vous choisissez entre capital et rente. Attention : les versements sont bloqués jusqu’à la retraite, sauf exceptions (achat de résidence principale, invalidité). Un versement de 5 000 € sur un PER, avec une TMI de 30 %, vous fait économiser 1 500 € d’impôt.

Versements volontaires et cotisations supplémentaires

Au-delà du rachat de points, vous pouvez effectuer des versements volontaires sur un PER pour réduire votre impôt. Pour les travailleurs non salariés, des cotisations facultatives existent (ex. : régime des indépendants). Les salariés peuvent surcoter via l’épargne salariale. Chaque versement doit être évalué selon votre horizon de placement et votre TMI. Plus votre TMI est élevée, plus l’avantage fiscal est important. N’oubliez pas que les versements sont bloqués jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé.

Stratégies pour maximiser ses droits

  • Vérifiez et corrigez votre relevé de carrière : toute année manquante peut être récupérée.
  • Rachetez vos points perdus : priorisez les années où le coût est le plus faible (jeunesse). Le rachat peut être étalé sur plusieurs années.
  • Utilisez le PER pour défiscaliser : plus votre TMI est élevée, plus l’avantage est important.
  • Négociez l’abondement employeur sur PERCO/PER collectif : c’est un gain immédiat.
  • Retardez votre départ : chaque trimestre supplémentaire au-delà du taux plein majore votre pension de 1,25 %. À l’inverse, une décote de 10 % par an s’applique pendant 3 ans si vous partez avant l’âge du taux plein.
  • Diversifiez : assurance-vie, immobilier locatif, PEA complètent la retraite complémentaire.

Un bilan patrimonial global permet de hiérarchiser ces leviers selon votre situation.

Questions fréquentes sur la retraite complémentaire

Cumuler plusieurs régimes complémentaires : possible et fréquent

Un actif qui change de statut au cours de sa carrière relève souvent de plusieurs caisses. La règle est simple : chaque régime verse la part de retraite complémentaire correspondant aux périodes cotisées, sans qu’une caisse puisse diminuer sa part au motif qu’une autre existe.

Exemple concret : un salarié du privé (Agirc-Arrco) qui devient travailleur indépendant (CIPAV, rattachée depuis 2023 au régime des indépendants) puis exerce comme avocat (CNBF) percevra trois retraites distinctes. Il doit demander sa liquidation auprès de chaque caisse, avec un dossier séparé, généralement dans les 4 à 6 mois précédant la date de départ souhaitée.

Depuis la fusion Agirc-Arrco de 2019, les anciens cadres et non-cadres du privé ont un compte unique, ce qui simplifie le suivi. Mais pour les régimes relevant de la CIPAV, de la CNBF ou de la CARMF (médecins), la logique de points reste propre à chaque caisse.

Que devient la retraite complémentaire en cas de décès ?

Deux dispositifs existent, à ne pas confondre :

  • La pension de réversion Agirc-Arrco : ouverte au conjoint (marié, ou lié par Pacs sous conditions récentes) dès 55 ans, sans condition d’âge minimum si le décès est intervenu après 2019. Elle représente 60 % des droits du défunt, sous plafond de ressources (environ 24 000 € par an pour une personne seule, seuil réévalué chaque année).
  • Le capital décès : uniquement pour les actifs, versé par la Sécurité sociale, jusqu’à 3 600 € environ selon la situation familiale.

Un point souvent ignoré : les droits acquis au titre de l’Ircantec (agents contractuels publics) ou des régimes libéraux obéissent à des règles spécifiques, avec parfois des taux de réversion différents (50 % à la CIPAV, par exemple). En l’absence de réversion, les droits non liquidés ne sont pas transmis aux enfants : ils restent perdus, sauf cas de rente d’orphelin.

Contester une décision de caisse : la procédure

En cas de désaccord sur un relevé de points ou un montant, la démarche est encadrée :

  1. Recours amiable auprès de la caisse, par courrier recommandé, dans un délai de 2 mois suivant la notification.
  2. Silence ou refus : saisine de la commission de recours amiable (CRA) de la caisse, même délai.
  3. Nouveau refus : recours devant le tribunal judiciaire (pôle social), dans les 2 mois suivant la décision de la CRA.

Conservez tous les justificatifs de carrière (bulletins de salaire, attestations employeur), car l’erreur vient presque toujours d’une période non déclarée ou d’un statut mal enregistré.

Réforme des retraites : ce qui bouge

La réforme de 2023 a relevé l’âge légal à 64 ans (génération 1968 et suivantes) et accéléré l’allongement de la durée de cotisation : 172 trimestres pour la génération 1965, jusqu’à 172 trimestres maintenus mais avec une montée progressive selon les générations. Le recul de l’âge légal décale mécaniquement l’âge du taux plein, donc le moment optimal pour liquider sa retraite complémentaire.

Autre effet : la décote Agirc-Arrco (coefficient de minoration temporaire de 10 % pendant 3 ans) est supprimée pour les salariés partant à taux plein à partir du 1er décembre 2023. Un gain réel, mais qui ne compense pas la perte liée aux trimestres manquants. Un simulateur officiel (Info-retraite) reste indispensable avant toute décision.

En résumé

  • Identifiez votre caisse de retraite complémentaire obligatoire selon votre statut : Agirc-Arrco pour les salariés du privé, SSI pour les indépendants, caisses dédiées pour les professions libérales et RAFP pour les fonctionnaires.
  • Comprenez que la complémentaire se calcule en points : chaque euro cotisé achète un point (19,6321 € en 2024) et chaque point est ensuite versé selon sa valeur de service (1,4159 € en 2024).
  • Anticipez une épargne retraite personnelle si vous voulez aller au-delà des régimes obligatoires, car le rapport cotisants/retraités s'est tendu d'environ 3 pour 1 dans les années 1970 à environ 1,7 pour 1 aujourd'hui.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la retraite complémentaire ?

C'est un ensemble de régimes obligatoires qui versent une seconde pension en plus de la retraite de base. Les cotisations achètent des points, convertis en euros à la liquidation et versés à vie.

Quelle est la différence entre la retraite de base et la retraite complémentaire ?

La retraite de base se calcule en trimestres cotisés et valorise la durée de carrière. La retraite complémentaire se calcule en points et valorise le niveau de rémunération.

À quel régime de retraite complémentaire suis-je affilié selon mon statut ?

Les salariés du privé relèvent de l'Agirc-Arrco ; les indépendants, artisans et commerçants du régime géré par la SSI depuis 2020 ; les libéraux de caisses dédiées ; les fonctionnaires de la RAFP. L'affiliation est obligatoire pour la quasi-totalité des actifs.

Comment est calculée la retraite complémentaire Agirc-Arrco ?

Elle fonctionne par points : chaque euro cotisé achète un point à un prix d'achat donné. En 2024, la valeur d'achat du point est de 19,6321 €, et la valeur de service était de 1,4159 € au 1ᵉʳ novembre 2023, revalorisée de 1,6 % au 1ᵉʳ novembre 2024.

La retraite complémentaire est-elle obligatoire ?

Oui, l'affiliation à une retraite complémentaire est obligatoire pour la quasi-totalité des actifs. Aller au-delà de ces régimes obligatoires, via un PER, une assurance-vie ou de l'épargne, relève en revanche de votre initiative.

⚠️ Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision engageant votre situation.
Suite du dossier

Ma retraite : conseils pratiques

→
Claire Fontaine
Claire Fontaine
Conseillère en gestion de patrimoine (CGP)

Claire Fontaine est Conseillère en gestion de patrimoine (CGP). Master en gestion de patrimoine ; certifiée Conseiller en Investissements Financiers (CIF), enregistrée à l'ORIAS ; 12 ans en cabinet de gestion de patrimoine indépendant. Ne recommande jamais un produit sans expliquer risques, frais et horizon.. Spécialités : Épargne Et Placements (Livrets, Assurance Vie, Pea, Per), Stratégie Patrimoniale Et Allocation D'Actifs, Préparation De La Retraite Et Prévoyance.

Tous les articles de Claire Fontaine →